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ISRAEL JORDANIE ARMISTICE MARS 1949 - Histoire

ISRAEL JORDANIE ARMISTICE MARS 1949 - Histoire


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Début mars 1949, des pourparlers s'engagent sur l'île de Rhodes entre des représentants israéliens et jordaniens sous la présidence du Dr Bunche. Les principaux problèmes soulevés par Israël étaient le libre accès aux Lieux Saints juifs à Jérusalem, la rectification des frontières et la présence des forces irakiennes en Cisjordanie. La Jordanie a cherché à soulever la question des réfugiés arabes et la question du passage de la vieille ville de Jérusalem à Bethléem. Le 3 avril, l'accord a été signé, fixant la ligne d'armistice de la Cisjordanie, transférant à Israël un certain nombre de villages arabes dans la partie centrale du pays et prévoyant un comité mixte pour élaborer des arrangements à Jérusalem (article VIII). Texte de l'accord :
Préambule

Les Parties au présent Accord,

Répondant à la résolution du Conseil de sécurité du 16 novembre 1948, les invitant, à titre de mesure provisoire supplémentaire au titre de l'Article 40 de la Charte des Nations Unies et afin de faciliter le passage de la trêve actuelle à la paix permanente en Palestine, à négocier un armistice;

Ayant décidé d'engager des négociations sous la présidence des Nations Unies concernant l'application de la résolution du Conseil de sécurité du 16 novembre 1948 ; et ayant désigné des représentants habilités à négocier et à conclure une convention d'armistice ;

Les représentants soussignés de leurs gouvernements respectifs, après avoir échangé leurs pleins pouvoirs reconnus en bonne et due forme, sont convenus des dispositions suivantes :
Article I

En vue de promouvoir le retour d'une paix permanente en Palestine et compte tenu de l'importance à cet égard des assurances mutuelles concernant les futures opérations militaires des Parties, les principes suivants, qui seront pleinement observés par les deux Parties pendant l'armistice, sont affirmé par la présente :
1. L'injonction du Conseil de sécurité contre le recours à la force militaire dans le règlement de la question de Palestine sera désormais scrupuleusement respectée par les deux Parties ;

2. Aucune action agressive des forces armées - terrestres, maritimes ou aériennes - de l'une ou l'autre des Parties ne sera entreprise, planifiée ou menacée contre le peuple ou les forces armées de l'autre ; étant entendu que l'utilisation du terme planifié dans ce contexte n'a aucun rapport avec la planification normale des effectifs telle qu'elle est généralement pratiquée dans les organisations militaires ;

3. Le droit de chaque Partie à sa sécurité et à ne pas craindre d'être attaqué par les forces armées de l'autre est pleinement respecté ;

4. L'établissement d'un armistice entre les forces armées des deux Parties est accepté comme une étape indispensable vers la liquidation du conflit armé et le rétablissement de la paix en Palestine.

Article II

En vue notamment de la mise en œuvre de la résolution du Conseil de sécurité du 16 novembre 1948, les principes et objectifs suivants sont affirmés :
1. Le principe selon lequel aucun avantage militaire ou politique ne doit être obtenu dans le cadre de la trêve ordonnée par le Conseil de sécurité est reconnu ;

2. Il est également reconnu qu'aucune disposition du présent Accord ne portera atteinte en aucune manière aux droits, revendications et positions de l'une ou l'autre des Parties dans le règlement pacifique final de la question de Palestine, les dispositions du présent Accord étant dictées exclusivement par des considérations militaires.

Article III

1. En application des principes qui précèdent et de la résolution du Conseil de sécurité du 16 novembre 1948, un armistice général entre les forces armées des deux Parties - terrestre, maritime et aérienne - est établi.

2. Aucun élément des forces militaires ou paramilitaires terrestres, maritimes ou aériennes de l'une ou l'autre des Parties, y compris les forces non régulières, ne commettra d'acte de guerre ou d'hostilité contre les forces militaires ou paramilitaires de l'autre Partie ou contre des civils. sur le territoire sous le contrôle de cette Partie ; ou s'avancera au-delà ou dépassera à quelque fin que ce soit les lignes de démarcation d'armistice énoncées aux articles V et VI du présent accord ; ou pénétrer ou traverser l'espace aérien de l'autre Partie.

3. Aucun acte de guerre ou acte d'hostilité ne sera mené à partir du territoire contrôlé par l'une des Parties au présent Accord contre l'autre Partie.

Article IV

1. Les lignes décrites aux articles V et VI du présent Accord sont désignées comme lignes de démarcation d'armistice et sont tracées conformément à l'objet et à l'intention de la résolution du Conseil de sécurité du 16 novembre 1948.

2. Le but fondamental des lignes de démarcation d'armistice est de délimiter les lignes au-delà desquelles les forces armées des parties respectives ne doivent pas se déplacer.

3. Les règles et règlements des forces armées des Parties, qui interdisent aux civils de traverser les lignes de combat ou d'entrer dans la zone entre les lignes, resteront en vigueur après la signature du présent Accord avec application aux lignes de démarcation d'armistice définies aux articles V et VI.

Article V

1. Les lignes de démarcation de l'armistice pour tous les secteurs autres que le secteur actuellement détenu par les forces iraquiennes sont telles qu'elles sont tracées sur les cartes de l'annexe I au présent accord et sont définies comme suit :
(a) Dans le secteur Kh Deir Arab (MR 1510-1574) jusqu'à l'extrémité nord des lignes définies dans l'Accord de cessez-le-feu du 30 novembre 1948 pour la région de Jérusalem, les lignes de démarcation d'armistice suivront les lignes de trêve certifiées par le Organisation des Nations Unies pour la surveillance de la trêve ;

b) Dans le secteur de Jérusalem, les lignes de démarcation de l'armistice correspondent aux lignes définies dans l'accord de cessez-le-feu du 30 novembre 1948 pour la région de Jérusalem ;

c) Dans le secteur Hébron-mer Morte, la ligne de démarcation d'armistice sera telle qu'elle est délimitée sur la carte 1 et marquée B dans l'annexe I au présent accord ;

(d) Dans le secteur allant d'un point sur la mer Morte (MR 1925-0958) à la pointe la plus méridionale de la Palestine, la ligne de démarcation de l'armistice sera déterminée par les positions militaires existantes, telles qu'elles ont été relevées en mars 1949 par les observateurs des Nations Unies, et s'étendra sur du nord au sud comme indiqué sur la carte 1 de l'annexe I au présent accord.

Article VI

1. Il est convenu que les forces du Royaume hachémite de Jordanie remplaceront les forces de l'Iraq dans le secteur actuellement détenu par ces dernières forces, l'intention du Gouvernement iraquien à cet égard ayant été communiquée au Médiateur par intérim dans le message du 20 mars du ministre des Affaires étrangères d'Irak autorisant la délégation du Royaume hachémite de Jordanie à négocier pour les forces irakiennes et déclarant que ces forces seraient retirées.

2. La ligne de démarcation d'armistice pour le secteur actuellement détenu par les forces iraquiennes sera telle qu'elle est tracée sur la carte 1 de l'annexe I au présent accord et marquée A.

3. La ligne de démarcation d'armistice prévue au paragraphe 2 du présent article est établie par étapes comme suit, en attendant que les lignes militaires existantes puissent être maintenues :
a) Dans la zone à l'ouest de la route de Baqa à Jaljulia, et de là à l'est de Kafr Qasim : dans les cinq semaines suivant la date de la signature de la présente convention d'armistice ;

b) Dans la zone de Wadi Ara au nord de la ligne de Baqa à Zubeiba : dans les sept semaines à compter de la date de signature de la présente Convention d'armistice ;

c) Dans toutes les autres zones du secteur irakien : dans les quinze semaines à compter de la date de signature de la présente Convention d'armistice.

4. La ligne de démarcation d'armistice dans le secteur Hébron-mer Morte, visée au paragraphe c) de l'article V du présent Accord et marquée B sur la carte 1 en annexe

I, qui implique une déviation substantielle des lignes militaires existantes en faveur des forces du Royaume hachémite de Jordanie, est destiné à compenser les modifications des lys militaires existants dans le secteur irakien énoncées au paragraphe 3 du présent article.

5. En compensation de la route acquise entre Tulkarem et Qalqilya, le Gouvernement israélien s'engage à payer au Gouvernement du Royaume hachémite de Jordanie le coût de la construction de vingt kilomètres de nouvelle route de première qualité.

6. Partout où des villages peuvent être affectés par l'établissement de la ligne de démarcation d'armistice prévue au paragraphe 2 du présent article, les habitants de ces villages auront le droit de conserver et seront protégés dans leurs pleins droits de résidence, de propriété et liberté. Au cas où l'un des habitants déciderait de quitter ses villages, il aura le droit d'emporter avec lui son bétail et ses autres biens meubles, et de recevoir sans délai une pleine compensation pour les terres qu'il aura laissées. Il sera interdit aux forces israéliennes d'entrer ou d'être stationnées dans ces villages, dans lesquels des policiers arabes recrutés localement seront organisés et stationnés à des fins de sécurité intérieure.

7. Le Royaume hachémite de Jordanie accepte la responsabilité de toutes les forces irakiennes en Palestine.

8. Les dispositions du présent article ne doivent en aucun cas être interprétées comme portant préjudice à un règlement politique final entre les Parties au présent Accord.

9. Les lignes de démarcation d'armistice définies aux articles V et VI du présent accord sont convenues par les parties sans préjudice des futurs règlements territoriaux ou lignes de démarcation ou des revendications de l'une ou l'autre des parties s'y rapportant.

10. Sauf disposition contraire, les lignes de démarcation de l'armistice seront établies, y compris le retrait des forces nécessaires à cette fin, dans les dix jours à compter de la date de la signature du présent accord.

11. Les lignes de démarcation d'armistice définies au présent article et à l'article V feront l'objet de rectifications dont pourront convenir les parties au présent accord, et toutes ces rectifications auront la même force et le même effet que si elles avaient été incorporées dans intégralement dans la présente Convention d'armistice général.

Article VII

1. Les forces militaires des Parties au présent Accord seront limitées à des forces défensives uniquement dans les zones s'étendant à dix kilomètres de chaque côté des lignes de démarcation de l'armistice, sauf lorsque des considérations géographiques rendent cela impossible, comme à l'extrémité sud de la Palestine et à la bande côtière. Les forces défensives autorisées dans chaque secteur seront telles que définies à l'annexe II du présent Accord. Dans le secteur actuellement détenu par les forces irakiennes, les calculs sur la réduction des forces doivent inclure le nombre de forces irakiennes dans ce secteur.

2. La réduction des forces au niveau défensif conformément au paragraphe précédent sera achevée dans les dix jours suivant l'établissement des lignes de démarcation d'armistice définies dans le présent accord. De même, le déminage des routes et zones minées évacuées par l'une des Parties et la transmission des plans indiquant l'emplacement de ces champs de mines à l'autre Partie seront achevés dans le même délai.

3. L'effectif des forces que les Parties pourront maintenir de part et d'autre des lignes de démarcation d'armistice fera l'objet d'un examen périodique en vue d'une nouvelle réduction de ces forces d'un commun accord entre les Parties.

Article VIII

1. Un comité spécial, composé de deux représentants de chaque partie désignés par les gouvernements respectifs, est établi dans le but de formuler des plans et des arrangements convenus destinés à élargir la portée du présent accord et à améliorer son application.

2. Le comité spécial sera organisé immédiatement après l'entrée en vigueur du présent accord et portera son attention sur la formulation de plans et d'arrangements convenus pour les questions que l'une ou l'autre des parties pourra lui soumettre, qui, en tout état de cause, comprendra les suivantes, sur lesquelles un accord de principe existe déjà : libre circulation sur les routes vitales, y compris les routes Bethléem et Latroun-Jérusalem ; reprise du fonctionnement normal des institutions culturelles et humanitaires sur le mont Scopus et libre accès à celui-ci ; accès gratuit aux Lieux Saints et aux institutions culturelles et utilisation du cimetière du Mont des Oliviers ; reprise d'exploitation de la station de pompage de Latrun ; fourniture d'électricité pour la vieille ville; et la reprise de l'exploitation du chemin de fer vers Jérusalem.

3. Le comité spécial a compétence exclusive sur les questions qui peuvent lui être soumises. Les plans et arrangements convenus qu'elle formule pourront prévoir l'exercice de fonctions de contrôle par la Commission mixte d'armistice instituée à l'article XI.

Article IX

Accords conclus entre les Parties après la signature de la présente Convention d'armistice portant sur des questions telles que la nouvelle réduction des forces prévue au paragraphe 3 de l'article VII, les ajustements futurs des lignes de démarcation de l'armistice et les plans et arrangements formulés par le Comité spécial créé en l'article VIII, aura la même force et le même effet que les dispositions du présent Accord et lieront également les Parties.

Article X

Un échange de prisonniers de guerre ayant été effectué par arrangement spécial entre les Parties avant la signature du présent Accord, aucun autre arrangement n'est requis à ce sujet, si ce n'est que la Commission mixte d'armistice s'engage à réexaminer s'il peut y avoir des prisonniers de guerre. guerre appartenant à l'une ou l'autre des Parties qui n'étaient pas comprises dans l'échange précédent. Au cas où l'on découvrirait l'existence de prisonniers de guerre, la Commission mixte d'armistice organisera tout échange rapide de ces prisonniers. Les Parties au présent Accord s'engagent à apporter leur pleine coopération à la Commission mixte d'armistice dans l'exercice de cette responsabilité.

Article XI

1. L'exécution des dispositions du présent Accord, à l'exception de celles qui relèvent de la compétence exclusive du Comité spécial institué à l'article VIII, est supervisée par une Commission mixte d'armistice composée de cinq membres, dont chaque Partie à le présent Accord en désignera deux, et dont le Président sera le Chef de cabinet des Nations Unies de l'Organisation de surveillance de la trêve ou un haut fonctionnaire du personnel d'observation de cette organisation désigné par lui après consultation des deux Parties au présent Accord.

2. La Commission mixte d'armistice aura son siège à Jérusalem et tiendra ses réunions dans les lieux et aux heures qu'elle jugera nécessaires à la conduite efficace de ses travaux.

3. La Commission mixte d'armistice sera convoquée lors de sa première réunion par le chef d'état-major de l'Organisation des Nations Unies pour la surveillance de la trêve au plus tard une semaine après la signature du présent Accord.

4. Les décisions de la Commission mixte d'armistice sont, dans la mesure du possible, fondées sur le principe de l'unanimité. A défaut d'unanimité, les décisions sont prises à la majorité des voix des membres de la Commission présents et votants.

5. La Commission mixte d'armistice établit son règlement intérieur. Les réunions ne se tiennent qu'après convocation en bonne et due forme des membres par le président. Le quorum pour ses réunions est la majorité de ses membres.

6. La Commission est habilitée à employer des observateurs, qui peuvent être issus des organisations militaires des Parties ou du personnel militaire de l'Organisation des Nations Unies pour la surveillance de la trêve, ou des deux, en nombre jugé essentiel à l'exercice de ses fonctions. Au cas où des observateurs des Nations Unies seraient ainsi employés, ils resteront sous le commandement du chef d'état-major des Nations Unies de l'Organisation de surveillance de la trêve. Les missions de caractère général ou spécial confiées aux observateurs des Nations Unies attachés à la Commission mixte d'armistice sont soumises à l'approbation du chef d'état-major des Nations Unies ou de son représentant désigné au sein de la Commission, selon celui qui en assure la présidence.

7. Les réclamations ou plaintes présentées par l'une ou l'autre des Parties relatives à l'application du présent Accord seront immédiatement déférées à la Commission mixte d'armistice par l'intermédiaire de son Président. La Commission prendra les mesures qu'elle jugera appropriées pour toutes ces réclamations ou plaintes au moyen de son mécanisme d'observation et d'enquête, en vue d'un règlement équitable et mutuellement satisfaisant.

8. Lorsque l'interprétation du sens d'une disposition particulière du présent accord, autre que le préambule et les articles I et II, est en cause, l'interprétation de la Commission prévaudra. La Commission, à sa discrétion et selon les besoins, peut de temps à autre recommander aux Parties des modifications aux dispositions du présent Accord.

9. La Commission mixte d'armistice soumettra aux deux Parties des rapports sur ses activités aussi souvent qu'elle le jugera nécessaire. Une copie de chacun de ces rapports est présentée au Secrétaire général des Nations Unies pour transmission à l'organe ou à l'agence approprié des Nations Unies.

10. Les membres de la Commission et ses observateurs se voient accorder la liberté de mouvement et d'accès dans la zone couverte par le présent accord que la Commission peut juger nécessaire, à condition que lorsque ces décisions de la Commission sont prises à la majorité des voix. seuls des observateurs seront employés.

11. Les dépenses de la Commission, autres que celles relatives aux observateurs des Nations Unies, seront réparties à parts égales entre les deux Parties au présent Accord.

Article XII

1. Le présent Accord n'est pas soumis à ratification et entrera en vigueur dès sa signature.

2. Le présent Accord, ayant été négocié et conclu en application de la résolution du Conseil de sécurité du 16 novembre 1948 appelant à l'établissement d'un armistice afin d'éliminer la menace à la paix en Palestine et de faciliter la transition de la trêve actuelle à une paix permanente en Palestine, restera en vigueur jusqu'à ce qu'un règlement pacifique entre les Parties soit trouvé, sauf dans les cas prévus au paragraphe 3 du présent article.

3. Les Parties au présent Accord peuvent, d'un commun accord, réviser le présent Accord ou l'une quelconque de ses dispositions, ou suspendre son application, à l'exception des articles I et III, à tout moment. A défaut d'accord mutuel et après que le présent Accord aura été en vigueur pendant un an à compter de la date de sa signature, l'une ou l'autre des Parties pourra inviter le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies à convoquer une conférence des représentants des deux Parties pour dans le but d'examiner, de réviser ou de suspendre l'une quelconque des dispositions du présent Accord autres que les articles I et III. La participation à cette conférence est obligatoire pour les Parties.

4.Si la conférence prévue au paragraphe 3 du présent article n'aboutit pas à une solution concertée d'un point litigieux, l'une ou l'autre des Parties pourra saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies pour obtenir la réparation demandée au motif que le présent Accord a été conclu conformément à l'action du Conseil de sécurité en vue de parvenir à la paix en Palestine.

5. Le présent Accord est signé en cinq exemplaires, dont un exemplaire est conservé par chaque Partie, deux exemplaires communiqués au Secrétaire général des Nations Unies pour transmission au Conseil de sécurité et à la Commission de conciliation des Nations Unies sur la Palestine, et un exemplaire copie au Médiateur par intérim des Nations Unies pour la Palestine.

Fait à Rhodes, île de Rhodes, Grèce, le trois avril mil neuf cent quarante-neuf en présence du médiateur par intérim des Nations Unies pour la Palestine et du chef d'état-major des Nations Unies de l'Organisation de surveillance de la trêve.

Pour et au nom du Gouvernement du Royaume hachémite de Jordanie

Signé:
Colonel Ahmed Sudki El-Jundi

Lieutenant-colonel Mohamed Maayte

Pour et au nom du Gouvernement d'Israël

Signé:
Reuven Shiloah

Lieutenant-colonel Moshe Dayan

Annexe I

Cartes délimitant les lignes de démarcation de l'armistice

Ces cartes suivent l'annexe II et sont expliquées dans la note du Secrétariat relative à l'article V de l'Accord.

Annexe II

Définition des forces défensives

1. Aux fins du présent Accord, les forces défensives sont définies comme suit :
1. Forces terrestres

(a) Un bataillon standard composé d'au plus 800 officiers et autres grades, et d'au plus :
(i) Quatre compagnies de fusiliers avec du matériel d'infanterie ordinaire; fusils, LMG, SMG, mortiers légers, fusils antichars et PIAT.

Les mortiers légers ne doivent pas être plus lourds que 2 pouces.

Le nombre d'armes suivant par bataillon ne doit pas être dépassé : 48 LMG, 16 mortiers 2 pouces, 8 PIAT ;

(ii) Une compagnie de soutien avec pas plus de six mitrailleuses, six mortiers d'un poids maximal de 3 pouces, quatre canons antichars d'un poids maximal de six livres ;

(iii) Une société siège ;

b) L'artillerie et l'artillerie antiaérienne à allouer aux forces défensives seront constituées du type d'armes suivant : canons de campagne d'un poids n'excédant pas vingt-cinq livres, les canons antiaériens d'un poids n'excédant pas quarante millimètres.

2. Sont exclus du terme « forces défensives » :
(a) Les blindés, tels que les chars de tous types, les voitures blindées, les porte-mitrailleuses Bren, les half-tracks, les véhicules blindés ou porteurs de charge, ou tout autre véhicule blindé ;

(b) Tous les bras et unités de support autres que ceux spécifiés aux paragraphes I (a) i et ii, et I (b) ci-dessus ;

(c) Unités de service à convenir.

3. Forces aériennes

Dans les zones où seules les forces défensives sont autorisées, les aérodromes, pistes d'atterrissage, terrains d'atterrissage et autres installations, et les aéronefs militaires ne doivent être utilisés qu'à des fins de ravitaillement défensif et normal.

11. Les forces défensives qui pourront être maintenues par chaque Partie dans les zones s'étendant à dix kilomètres de chaque côté des lignes de démarcation d'armistice, telles que prévues au paragraphe I de l'article VI, seront les suivantes pour les secteurs décrits à l'article V, paragraphe 1 :
1. Secteur Kh Deir Arab (MR 1510-1574) jusqu'à l'extrémité nord des lignes définies dans l'Accord de cessez-le-feu du 30 novembre 1948 pour la région de Jérusalem : un bataillon chacun.

2. Secteur de Jérusalem : deux bataillons chacun.

3. Secteur Hébron-Mer Morte : un bataillon chacun.

4. Secteur Engeddi à Eylat : trois bataillons chacun. En outre, chaque camp aura droit à un escadron de véhicules blindés légers composé d'un maximum de 13 véhicules blindés légers ou half-tracks. Les armes autorisées sur ces véhicules seront déterminées par la Commission mixte d'armistice.

5. Secteur actuellement détenu par les forces irakiennes : cinq bataillons chacun et un escadron de véhicules blindés chacun.

Article XII

1. Le présent Accord, ayant été négocié et conclu conformément à la résolution du Conseil de sécurité du 16 novembre 1948 appelant à l'établissement d'un armistice afin d'éliminer la menace à la paix en Palestine et de faciliter la transition de la trêve actuelle à une paix permanente en Palestine, restera en vigueur jusqu'à ce qu'un règlement pacifique entre les Parties soit trouvé, sauf dans les cas prévus au paragraphe 3 du présent article.

3. Les parties au présent accord peuvent, d'un commun accord, réviser le présent accord ou l'une quelconque de ses dispositions, ou suspendre son application, à l'exception des articles I et II, à tout moment. A défaut d'accord mutuel et après que le présent Accord aura été en vigueur pendant un an à compter de la date de sa signature, l'une ou l'autre des Parties pourra inviter le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies à convoquer une conférence des représentants des deux Parties pour dans le but d'examiner, de réviser ou de suspendre l'une quelconque des dispositions du présent accord autres que les articles I et II. Si la conférence prévue au paragraphe 3 du présent article n'aboutit pas à une solution concertée d'un point litigieux, l'une ou l'autre des Parties peut saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies pour obtenir la réparation demandée au motif que le présent accord a été conclu conformément à l'action du Conseil de sécurité en vue de parvenir à la paix en Palestine.

5. Le présent Accord remplace l'Accord général de cessez-le-feu égypto-israélien conclu par les Parties le 24 janvier 1949.

6. Le présent Accord est signé en cinq exemplaires, dont un exemplaire est conservé par chaque Partie, deux exemplaires communiqués au Secrétaire général des Nations Unies pour transmission au Conseil de sécurité et à la Commission de conciliation des Nations Unies sur la Palestine, et un exemplaire copie au Médiateur par intérim pour la Palestine.

En foi de quoi, les représentants soussignés des Parties contractantes ont signé ci-après, en présence du Médiateur par intérim des Nations Unies pour la Palestine et du Chef de cabinet des Nations Unies de l'Organisation de surveillance de la trêve.

Fait à Rhodes, île de Rhodes, Grèce, le vingt-quatre février mil neuf cent quarante-neuf.

Pour et au nom du Gouvernement égyptien

Signé : Mahmed Seif El Dine

M. K. El Raliniany

Pour et au nom du Gouvernement d'Israël

Signé : Walter Eytan

Yigaël Yadin

Elias Sasson

Annexe I

Plan de retrait d'Al Faluja

Le retrait des troupes égyptiennes avec tous leurs empêchements militaires de la zone d'Al Faluja vers des points au-delà de la frontière égypto-palestinienne sera exécuté conformément au plan suivant :
1. L'opération de retrait commencera le 26 février 1949 à 05h00 GMT et se déroulera sous la supervision et le contrôle des Nations Unies pendant toute sa durée.

2. Compte tenu du nombre important de troupes impliquées et dans l'intérêt de minimiser les risques de frictions et d'incidents et d'assurer une supervision efficace des Nations Unies pendant l'opération, l'exécution du retrait doit être achevée dans un délai de cinq jours à compter de la date d'entrée en vigueur de l'opération. date du plan de retrait.

3. La route Al Faluja-Irak Suweidan-Bureir-Gaza-Rafa sera utilisée comme voie de retrait; à condition que si cet itinéraire s'avère impraticable à la date du retrait, le chef d'état-major de l'Organisation des Nations Unies pour la surveillance de la trêve choisira un autre itinéraire en consultation avec les deux Parties.

4. Au moins quarante-huit heures avant l'heure prévue du retrait, l'officier général commandant les forces égyptiennes en Palestine soumet au chef d'état-major des Nations Unies (ou à son représentant), pour approbation, un plan détaillé de retrait des la garnison égyptienne d'Al Faluja, y compris :
le nombre de troupes et la quantité et le type de matériel à retirer chaque jour, le nombre et le type de véhicules à utiliser chaque jour pour le mouvement de retrait, et le nombre de voyages nécessaires pour accomplir le mouvement de chaque jour.

5. Le plan détaillé visé au paragraphe 4 ci-dessus sera basé sur un ordre de priorité dans l'opération de retrait défini par le chef d'état-major des Nations Unies chargé de la supervision de la trêve qui prévoira notamment qu'à la suite de l'évacuation des malades et des blessés déjà comptabilisés car, les forces d'infanterie ainsi que leurs armes et possessions personnelles seront d'abord évacuées. et de l'équipement lourd que dans les phases finales de l'opération. L'équipement lourd doit être défini comme l'artillerie, les voitures blindées, les chars et les porte-avions Bren. En vue d'éliminer toute possibilité d'incidents, suite à l'arrivée des contingents d'infanterie à leur destination, l'évacuation des équipements lourds se fera vers un point du territoire égyptien qui sera désigné par le chef d'état-major des Nations Unies et là, comme propriété égyptienne , à placer et à garder sous la garde, la garde et le sceau des Nations Unies jusqu'à ce que le chef d'état-major soit convaincu que l'armistice est devenu effectif, après quoi ce matériel sera remis aux autorités égyptiennes compétentes.

6. Les autorités et officiers israéliens dans la zone d'Al Faluja-Gaza apporteront leur pleine coopération à l'opération et seront chargés de veiller à ce que, pendant les mouvements de retrait, la route à suivre soit exempte d'obstacles de toutes sortes et que pendant l'opération, les troupes israéliennes seront tenues à l'écart des routes sur lesquelles le retrait aura lieu.

7. Des observateurs militaires des Nations Unies seront stationnés auprès des forces égyptiennes et israéliennes pour s'assurer que ce plan de retrait et les instructions ultérieures relatives à son exécution qui pourraient être émises par le chef d'état-major des Nations Unies, soient pleinement respectées par les deux parties. Des soirées. Les inspections qui pourraient être nécessaires dans la conduite du retrait seront effectuées exclusivement par les observateurs militaires des Nations Unies, et leurs décisions dans tous ces cas seront acceptées comme définitives.

Sur la seule base de considérations militaires impliquant les forces des deux Parties au présent Accord ainsi que des forces tierces dans la zone non couverte par le présent Accord, la démarcation des fronts ouest et est en Palestine s'entend comme suit :
une. Front occidental:
La zone au sud et à l'ouest de la ligne délimitée au paragraphe 2.A du Mémorandum du 13 novembre 1948 sur l'application de la résolution du Conseil de sécurité du 4 novembre 1948, depuis son point d'origine à l'ouest jusqu'au point MR 12581196 , de là vers le sud le long de la route vers Hatta-Al Faluja - RJ à MR 12140823 - Beersheba et se terminant au nord de Bir Asluj au point 402.

b. Front de l'Est :
La zone à l'est de la ligne décrite au paragraphe a ci-dessus, et du point 402 jusqu'à la pointe la plus méridionale de la Palestine, par une ligne droite marquant la moitié de la distance entre les frontières égypto-palestinienne et transjordanienne-palestinienne.

W E. Riley

Brick. Le général William E. Riley Corps des Marines des États-Unis

Chef de cabinet des Nations Unies de l'Organisation de supervision de la trêve

Rhodes, le 24 février 1949

Annexe III

Définition des forces défensives

I. Forces terrestres

1. Ne doit pas dépasser :
(a) 3 btns d'inf, chaque bn devant se composer d'au plus 800 officiers et bureaux et composé d'au plus

(i) 4 compagnies de fusil avec inf ordinaire. Équipements S.A. (fusils, LMG, SMG, mortiers légers (par exemple 2"), fusils A/tk ou Piat,

(ii) Je soutiens la cie avec pas plus de 6 MMG, 6 mortiers pas plus lourds que 3", 4 canons A/tk pas plus lourds que 6 pdrs,

(iii) 1 compagnie QG.

(b) 1 bty de 8 canons de campagne pas plus lourds que 25 pdrs.

(c) 1 bty de 8 A.A. canons pas plus lourds que 40 mm.

2. Sont exclus du terme « Forces défensives » :
(a) Les blindés, tels que les chars, les AC, les Bren-carriers, les half-tracks, les porte-charges ou tout autre AFV.

(b) Tous les bras de support et unités autres que ceux spécifiés au paragraphe 1(a) (ii), l(b) et l(c) ci-dessus.

3. Les unités de service seront conformes à un plan qui sera préparé et approuvé par la Commission mixte d'armistice.

II. Forces aériennes

Dans les zones où seules les forces défensives seront autorisées, les dispositions suivantes concernant les forces aériennes seront observées :
1. Aucun aérodrome, piste d'atterrissage, terrain d'atterrissage ou installation militaire ne doit être entretenu.

2. Aucun aéronef militaire ne doit décoller ni atterrir sauf en cas d'urgence.

III. Forces maritimes

Aucune base navale ne sera établie dans des zones où seules les forces défensives seront autorisées, et aucun navire de guerre ou navire militaire ne pourra pénétrer dans les eaux territoriales adjacentes.

IV.

Dans les zones où seules des forces défensives doivent être maintenues, la réduction nécessaire des forces doit être achevée dans un délai de quatre semaines à compter de la date de la signature du présent accord.

Échange de lettres.

À : Dr Walter Eytan, Rhodes, 24 février 1949

Chef de la délégation israélienne à Rhodes

De : Ralph J. Bunche, médiateur par intérim

Dans le cadre de l'accord d'armistice général égypto-israélien, votre confirmation est souhaitée de l'accord selon lequel aucune force israélienne ne sera dans le village de Bir Aslui.

Signé : Ralph J. Bunche

À : Dr Ralph J. Bunche, Rhodes, 24 février 1949

Médiateur par intérim sur la Palestine, Rhodes

De : Walter Eytan,

Chef de la délégation israélienne

En ce qui concerne l'Accord d'armistice général égypto-israélien, je confirme qu'aucune force israélienne ne sera dans le village de Bir Asluj.

Signé : Walter Eytan

À : Dr Bunche, Médiateur par intérim

Dans le cadre de l'Accord d'armistice général égypto-israélien, votre confirmation est souhaitée de l'accord qu'au cours de l'évacuation de la force égyptienne à Al Faluja, prévue à l'article III de l'Accord, celle de la population civile à Al Faluja et Iraq Al Manshiya qui le souhaitent peuvent également être évacués avec la Force égyptienne. Ceux de la population civile qui souhaitent rester à Al Faluja et Iraq Al Manshiya doivent être autorisés à le faire. Les membres de la population civile qui le souhaitent peuvent se rendre dans la région d'Hébron sous escorte et supervision des Nations Unies. Tous ces civils doivent être pleinement en sécurité dans leurs personnes, leurs demeures, leurs biens et leurs effets personnels.

Signé : Ralph J. Bunche, Rhodes, 24 février 1949

Médiateur par intérim sur la Palestine, Rhodes

De : Walter Eytan

Chef de la délégation israélienne à Rhodes

En ce qui concerne l'Accord d'armistice général égypto-israélien, je confirme qu'au cours de l'évacuation de la force égyptienne à Al Faluja, prévue à l'article III de l'Accord, celle de la population civile d'Al Faluja et de l'Iraq Al Manshiya qui le souhaite peut également être évacué avec la force égyptienne. Ceux de la population civile qui souhaiteront peut-être rester à Al Faluja et en Iraq Al Manshiya doivent être autorisés à le faire. Tous ces civils doivent être pleinement en sécurité dans leurs personnes, leurs demeures, leurs biens et leurs effets personnels.

Le Gouvernement israélien se réserve le droit de traiter comme prisonniers de guerre toute personne choisissant de rester dans les régions d'Al Faluja et d'Iraq Al Manshiya et qui pourrait être identifiée comme ayant pris part aux combats en Palestine.

Signé : Walter Eytan

À : Dr Bunche, Médiateur par intérim

En ce qui concerne l'Accord d'armistice général égypto-israélien, votre confirmation est souhaitée de la compréhension qu'à tout moment après la signature de cet accord, les forces égyptiennes se trouvant actuellement dans la région de Bethléem-Hébron, ainsi que toutes leurs armes, équipements, effets personnels et des véhicules, peuvent être retirés à travers la frontière égyptienne exclusivement sous la supervision du chef d'état-major de la trêve des Nations Unies en consultation avec les autorités israéliennes compétentes.

Signé : Ralph J. Bunche, Rhodes, 24 février 1949

Médiateur par intérim sur la Palestine, Rhodes

De : Walter Eytan,

Chef de la délégation israélienne à Rhodes

En ce qui concerne l'Accord d'armistice général égypto-israélien, je confirme qu'à tout moment après la signature du présent Accord, les Forces égyptiennes se trouvant actuellement dans la région de Bethléem-Hébron, ainsi que toutes leurs armes, équipements, effets personnels et véhicules, peuvent être retirés à travers la frontière égyptienne exclusivement sous la supervision et l'escorte des Nations Unies, et par un itinéraire direct qui sera déterminé par le chef d'état-major des Nations Unies chargé de la supervision de la trêve en consultation avec les autorités israéliennes compétentes.

Signé : Walter Eytan

À : Colonel Seif El Dine, Rhodes, 24 février 1949

Chef de la délégation égyptienne à Rhodes

De : Ralph J. Bunche, médiateur par intérim

En ce qui concerne l'accord d'armistice général égypto-israélien, votre confirmation est souhaitée de la compréhension que mes camps militaires ou localités d'entreprises chevauchent maintenant la route Hatta-Al-Faluj a-Beersheba, ou qui ne sont pas situés à plus de 200 mètres à l'ouest de cette route , sont considérés comme relevant de la zone du front oriental telle que définie à l'annexe II de l'accord.

Signé : Ralph J. Bunche, Rhodes, 24 février 1949

Médiateur par intérim sur la Palestine, Rhodes

De : Colonel Seif El Dine

En réponse à votre note datée du 19 février 1949, je vous informe que la délégation égyptienne accepte d'examiner tout camp militaire ou localité d'entreprise actuellement à cheval sur la route Hatta-Al-Faluja-Beersheba, qui est situé à pas plus de 200 mètres à l'ouest de cette route, comme faisant partie de la zone du front oriental telle que définie à l'annexe II de la convention d'armistice signée ce jour.

Seif El Dine


Cette semaine dans l'histoire juive | L'État d'Israël a déclaré un État souverain indépendant

Le 14 mai 1948, le président de l'Agence juive, David Ben Gourion, a déclaré l'État d'Israël un État indépendant et souverain. La cérémonie, qui s'est tenue quelques heures avant le début du Shabbat, a eu lieu le même jour que le mandat britannique sur la Palestine était officiellement résilié, conformément à la résolution 181 de l'ONU, qui appelait à la division du territoire en un État juif et un État arabe. une.

Debout dans ce qui allait devenir le Hall de l'Indépendance à Tel-Aviv, Ben Gourion a lu la Déclaration d'indépendance d'Israël, promettant une protection égale en vertu de la loi pour « tous ses citoyens, sans distinction de race, de croyance ou de sexe », la « garantie [ de] pleine liberté de conscience, de culte, d'éducation et de culture », et la sauvegarde des sites religieux. La déclaration disait également : « Nous offrons la paix et l'unité à tous les États voisins et à leurs peuples, et les invitons à coopérer avec la nation juive indépendante pour le bien commun de tous.

La dernière phrase de la déclaration fait référence au « rocher d'Israël » (tsur Yisrael), synonyme de Dieu dans la Torah.La formulation a longtemps été considérée comme représentant un compromis entre le parti religieux et le Mapam de gauche quant à savoir si la déclaration inclurait une référence à Dieu. Cette formule permettait d'approuver la déclaration et de la publier avant Chabbat et avant que les Britanniques ne quittent le pays.

Onze minutes après la proclamation d'État par Israël, les États-Unis sont devenus le premier pays à reconnaître le gouvernement juif provisoire comme l'autorité de facto de l'État juif. Malgré l'euphorie entourant la déclaration de son État, la survie d'Israël semblait être en péril lorsque les nations arabes qui ont rejeté la création d'un État juif ont tenté d'envahir Israël.

Au cours de 1949, Israël a signé une série d'accords d'armistice avec l'Égypte (février), le Liban (mars), la Jordanie (avril) et la Syrie (juillet). Alors que l'Irak n'a pas signé d'accord d'armistice avec Israël, les forces irakiennes se sont retirées de la région en mars 1949. Dans les accords, l'Égypte conserve le contrôle de la bande de Gaza et la Jordanie conserve le contrôle de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

Les lignes d'armistice ont tenu jusqu'en 1967, lorsque la guerre des Six Jours a éclaté et qu'Israël est sorti victorieux, ayant résisté à l'invasion de plusieurs armées arabes et, ce faisant, a augmenté son territoire d'environ 5 000 km2. Plus important encore, l'existence de l'État d'Israël est désormais un fait irréversible.


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Un poste avancé derrière les lignes ennemies

Des accords signés à la fin de la guerre d'indépendance entre Tsahal et l'armée jordanienne, sous les auspices des Nations Unies, réglementaient les liaisons de transport entre Jérusalem-Ouest et l'enclave du mont Scopus.

Il a été convenu que deux convois par mois de 85 policiers et 35 civils (15 autorisés à visiter seulement quelques heures à la fois et 20 qui ont entretenu les bâtiments universitaires) ont été autorisés à visiter l'enclave. L'armée jordanienne était responsable de la sécurité du convoi en territoire hostile, des observateurs de l'ONU accompagnant les Israéliens en voiture jusqu'au mont Scopus. Les convois sont partis dans deux bus blindés, chacun accompagné d'un observateur de l'ONU et de deux soldats jordaniens.

Étudiants au campus du Mont Scopus, Jérusalem Nord, en 1935. Zoltan Kluger / GPO

Ces détails et d'autres apparaissent dans le livre de Yossi Langotsky et Nehemiah Zerachovich & rsquo "In the Footsteps of the Jerusalem Battle Trails in the Six-Day War", qui est sorti en hébreu l'année dernière. Zerachovich, un soldat de l'unité de reconnaissance des parachutistes qui a été blessé lors de la bataille de Jérusalem, est un éducateur chevronné qui veille à la transmission de l'héritage de la brigade.

Langotsky, géologue, est également un colonel à la retraite qui a remporté une médaille d'honneur en tant que commandant de la soi-disant patrouille de Jérusalem pendant la guerre des Six Jours. Il a ensuite créé et commandé la division des opérations spéciales et a été le chef de la technologie au renseignement militaire. Ces dernières années, il a mis en garde contre la menace des tunnels d'attaque vers Israël depuis Gaza et le Liban.

Dans un chapitre consacré à l'enclave du mont Scopus, Langotsky et Zerachovich soutiennent, à l'aide de cartes, que le gouvernement israélien a toujours eu l'intention de tromper les Jordaniens et de déployer des soldats déguisés en policiers sur la montagne.

L'armée israélienne attachait une grande importance à l'enclave en raison de l'avantage unique du « mont Scopus » en tant que poste avancé derrière les lignes ennemies », écrivent les deux. &ldquoTrois jours avant de partir, les soldats ont participé à des séances d'information et à un entraînement au maniement, y compris [un entraînement] légalement autorisé dans l'enclave. Les tailleurs ont fourni aux combattants des uniformes de police, sous le couvert desquels ils ont gravi la montagne.

&ldquoAvant le déploiement de chaque convoi, les soldats devaient se soumettre à un appel nominal détaillé en présence d'observateurs de l'ONU et de soldats jordaniens au poste frontière de Mandelbaum Gate. Ce processus, essentiellement une vérification très approfondie des armes, a duré quatre heures. L'équipement des soldats était étalé et les observateurs de l'ONU l'ont fouillé. Même les produits d'épicerie et autres articles achetés à la cantine n'ont pas été épargnés.

La cérémonie d'ouverture de l'Université hébraïque, sur le mont Scopus, à Jérusalem, en avril 1925. le Matson (G. Eric et Edith)

Malgré cela, au fil des ans, Tsahal a réussi à faire passer en contrebande de nombreuses armes interdites sur le mont Scopus. En vertu de l'accord d'armistice, les Israéliens de l'enclave pouvaient posséder des armes légères utilisées pendant la guerre d'indépendance : 50 fusils anglais, 35 mitraillettes Sten et quatre mitrailleuses fabriquées avant 1947. Les armes de contrebande étaient plus modernes, dont 48 Uzis, 42 belges. -fabriqués des fusils FN, 46 mitrailleuses, 10 projectiles bazooka, 14 mortiers de 52 mm, huit mitrailleuses allemandes, deux mortiers de 81 mm, deux canons antiaériens de 20 mm, des radios bidirectionnelles et de grandes quantités de munitions.

Les méthodes de contrebande, écrivent Langotsky et Zerachovich, ont été perfectionnées au fil des ans et mises en œuvre par l'unité technologique du renseignement militaire. Des sacs contenant des armes étaient cachés sous les véhicules blindés en route vers l'enclave ou dissimulés dans des bouteilles de gaz et des barils de carburant.

&ldquoLes trois jeeps de la RCL et les deux canons antiaériens ont été démontés, cachés sur les toits et les côtés des bus, et remontés à l'arrivée. Les barbelés, indispensables à la défense, étaient autorisés sur le mont Scopus. Pour défier l'interdiction, une usine secrète a été mise en place pour fabriquer du fil de fer barbelé à partir de tiges métalliques laissées par la construction de logements avant la guerre d'indépendance.

Le roi et son peuple

Les opérations de contrebande sur le mont Scopus ont été tenues secrètes même pour les soldats qui ont servi dans l'enclave. Seule une poignée de commandants étaient au courant.

Entre-temps, une piste a été construite, des dispositifs de communication ont été installés et des postes d'observation ont été installés sur les toits des bâtiments universitaires. Avec l'aide des forces de sécurité, les agents du renseignement stationnés sur la montagne pourraient mettre sur écoute les lignes téléphoniques de l'armée jordanienne et se renseigner sur ses intentions pour l'enclave.

&ldquoLe secret du succès était cette compartimentation &ndash un secret strict qui garantissait que personne ne savait ce que les autres savaient,», écrivent les auteurs. &ldquoSur le mont Scopus, le commandant, un major, était appelé &lsquotthe king.&rsquo Ses assistants, le personnel squelettique du commandement permanent, s'appelaient &lsquotthe king&rsquos men &rsquo et les simples soldats étaient appelés &lsquotthe people.&rsquo&rdquo

Pour une précision historique, il convient de noter que la Jordanie a également violé l'accord d'armistice, que les parties ont signé à Rhodes en avril 1949. L'accord stipulait que les institutions culturelles et humanitaires sur le mont Scopus bénéficieraient d'un accès gratuit, et il y aurait un accès libre à le Mur des Lamentations et le Mont des Oliviers.

La Jordanie n'a jamais rempli ses obligations. Les facultés de l'Université hébraïque étaient fermées et, à l'exception de la force restée sur la montagne et des convois qui les desservaient, l'accès aux bâtiments n'était pas autorisé.

L'université a donc dû déménager dans des structures temporaires dans la ville, et en 1953, la construction du campus de Givat Ram à l'ouest a commencé. La plupart des facultés universitaires y ont été transférées, à l'exception de la faculté de médecine, qui a déménagé sur le campus Hadassah Ein Karem en 1964, tandis que la faculté d'agriculture a déménagé à Rehovot.

Dans tous les cas, des soldats jordaniens étaient stationnés autour de l'enclave, l'entourant d'avant-postes. La grande crainte était que l'armée jordanienne attaque le mont Scopus et en prenne le contrôle.

Pour éviter cela, les patrouilles de jour étaient accompagnées de missions de nuit pour empêcher les infiltrations des troupes jordaniennes et des habitants du village voisin d'Isawiyah. Plusieurs escarmouches ont eu lieu dans une, quatre soldats israéliens et un observateur de l'ONU ont été tués.

Dimanche soir, il y a une semaine, alors que commençait la Journée de Jérusalem, des émeutes ont éclaté entre les jeunes Palestiniens d'Isawiyah et les forces de sécurité et de police israéliennes aux portes du campus du mont Scopus. C'est comme si rien n'avait changé au cours des 73 années écoulées depuis la guerre d'Indépendance et des 54 années depuis que Jérusalem-Est a été conquise et que la ville a été &ldquounifiée» &ndash un mirage quotidien qui plane sur nos vies et la vie de la ville, et au cours de la semaine dernière malheureusement sur tout le pays.


Armistice entre Israël et l'Egypte Ouvre la voie à la paix en Palestine

De Action syndicale, Vol. 13 n° 10, 7 mars 1949, pp. 1 & 3.
Transcrit et balisé par Einde O’Callaghan pour ETOL.

La paix revient en Palestine et au Proche-Orient. L'Egypte, l'ennemi le plus acharné de l'indépendance d'Israël, a signé un armistice le 24 février et est devenue le premier pays arabe à annuler officiellement la guerre et, par implication, à reconnaître Israël.

Les lignes d'armistice sont presque les mêmes que les lignes de trêve actuelles, avec cette différence que de larges zones sont limitées aux forces "défensives" sans chars ni avions. Une zone est démilitarisée. Israël conserve tout le territoire gagné lors des offensives depuis le 14 octobre. L'Egypte ne contrôle qu'une petite bande côtière, à commencer par Gaza. Les Égyptiens pris au piège à Falaya doivent être libérés.

Bien qu'il ne s'agisse pas d'une paix, le préambule déclare expressément que l'accord est un pas vers une paix permanente. L'accord stipule également que les frontières définitives sont soumises aux traités de paix, mais il semble y avoir peu de doute que pour le sud-ouest de la Palestine, cela sera largement déterminé par la ligne d'armistice actuelle.

Facteurs de changement

Les facteurs qui ont poussé les Égyptiens à accepter la paix sont : (1) la défaite militaire (2) la pression américaine et la promesse d'une aide économique (3) la suspicion d'Abdullah. Tandis que Action syndicale les lecteurs connaissent ces facteurs, quelques nouveaux développements ont eu lieu sur ces deux derniers points.

Le Premier ministre égyptien a publiquement lancé un appel aux États-Unis pour une aide économique dans la semaine précédant la signature du pacte. Dans le passé, on supposait que l'aide américaine prendrait la forme de l'extension du plan Marshall au Proche-Orient. Il est désormais rapporté que le Proche-Orient sera la première région à bénéficier des &ldquobénésions&rdquo de Truman&rsquos &ldquobold, nouveau programme&rdquo pour le développement des zones arriérées par l'exportation de capitaux américains.

En ce qui concerne les querelles intra-Ligue arabe, deux points sont particulièrement intéressants. Premièrement, les Égyptiens ont donné carte blanche aux Juifs dans la partie orientale du Néguev et à Beersheba. Beersheba est la ville principale de toute la région, est de la plus grande importance stratégique et était de la plus haute valeur PRESTIGE en Egypte. Ceci vise directement Abdullah. Les responsables du gouvernement israélien ont habilement joué le jeu d'exploiter pleinement ces rivalités et ont annoncé une politique d'opposition à l'annexion de la Palestine arabe par Abdullah dans les quinze jours précédant la signature de l'armistice. une conclusion.

Aucun crédit à l'ONU

Le lecteur notera que je n'accorde AUCUN crédit pour l'armistice à l'ONU, sous les &ldquoauspices» de l'armistice. Il n'en mérite aucun. Au mieux, c'était juste la scène utilisée. En fait, c'est l'hésitation de l'ONU qui a contribué à maintenir les combats depuis la deuxième trêve. Le principal espoir des dirigeants arabes depuis lors était de forcer un changement en leur faveur par l'ONU.

Les autres États arabes devraient bientôt signer des accords. Le Liban pourrait terminer les pourparlers dans la semaine. L'Arabie saoudite et le Yémen, qui n'avaient pas d'armées directes sur le terrain, se sont joints à l'Irak pour accepter tout règlement conclu par les États arabes limitrophes de la Palestine. La Syrie à elle seule peut tenir un peu plus longtemps, non pas à cause de la force ou d'une plus grande opposition à Israël que les autres États arabes, mais à cause d'une plus grande peur d'être absorbée par Abdullah&rsquos et la plus grande Syrie.&rdquo

Les pourparlers de paix officiels entre Israël et la Transjordanie ont commencé cette semaine à Rhodes, après une période continue de "contact" entre les deux gouvernements. Le front de Transjordanie est le front qui a eu la trêve la plus efficace. La semaine dernière, un échange de prisonniers de guerre valides a eu lieu, l'une des meilleures indications que la paix est proche. Étant donné que les véritables frontières d'Israël et le sort de la Palestine arabe seront décidés lors de ces négociations, on s'attend à ce qu'elles prennent beaucoup de temps et impliquent de nombreux marchandages. La question de Jérusalem et du corridor vers la mer sera l'un des principaux enjeux des négociations.

Unité du Proche-Orient

Il est inconcevable que le gouvernement israélien puisse empêcher l'annexion de la Palestine arabe au royaume d'Abdallah, à moins d'une reprise de la guerre. Dans le même temps, il est hautement improbable qu'Abdullah récupère une partie importante des terres attribuées à la Palestine arabe mais occupée par Israël. La trêve égypto-israélienne a considérablement réduit le pouvoir de négociation d'Abdullah. C'est pour cette raison que les Britanniques. Le Foreign Office n'a pas salué l'armistice, mais a annoncé qu'il était « satisfait » et qu'il « étudierait » l'accord. Abdullah lui-même n'est cependant pas trop troublé par la déception de ses maîtres, tant qu'il peut obtenir un accord qui fera avancer son rêve d'une "Grande Syrie", c'est-à-dire une Transjordanie, une Palestine orientale, une Syrie, un Liban et un Irak unis. &ndash sous sa propre règle.

La question de l'unification du Proche-Orient ne partage peut-être pas la vedette avec Abdullah dans les négociations en cours, mais elle est d'une importance primordiale et beaucoup réfléchie par les politiciens au pouvoir. La guerre a mis au jour de façon spectaculaire la désunion et la faiblesse des États arabes séparés. Il ne fait guère de doute que le mouvement vers l'unification sera fortement stimulé. La question est de savoir quelle forme cela prendra. Sera-ce une unité bismarckienne à feu et à sang sous les auspices de l'impérialisme, ou s'agira-t-il d'une unité de peuple garantissant les droits nationaux de TOUS les peuples du Proche-Orient, Arabes, Juifs, Druzes, Kurdes, etc. ?

A l'heure actuelle, deux pays détiennent la clé de cette question : Israël et la Transjordanie. Abdullah essaie ouvertement de faire de la Transjordanie la Prusse du Proche-Orient. Une telle unification ne peut que mettre en danger l'indépendance réelle d'Israël et contrecarrer les aspirations nationales des autres nationalités du Proche-Orient. Cependant, l'opposition à l'unification sera de peu d'utilité à long terme. Israël, en tant qu'autre puissance clé de la région, est la seule puissance capable de proposer, la seule véritable alternative, de hisser l'étendard d'une unification des peuples du Proche-Orient. C'est dans l'intérêt d'Israël, à la fois pour les avantages qu'il apportera à TOUT le Proche-Orient, et parce que c'est l'une des garanties les plus sûres de sa propre liberté nationale.

Problème pour Israël

Un autre danger fait face à Israël, pas un danger immédiat, mais un danger néanmoins : que la défaite des États arabes puisse pousser certains des plus jeunes nationalistes arabes à se tourner vers le stalinisme et le totalitarisme. Les conditions sociales misérables, la faiblesse totale des nationalistes actuels et leur désillusion actuelle font d'un tel développement une possibilité de la part de sections de l'intelligentsia en particulier, à moins qu'une alternative socialiste révolutionnaire démocratique ne soit offerte.

Malheureusement, certains cercles juifs et notamment le Mapam (qui se revendique comme un parti révolutionnaire démocratique) attendent avec impatience une telle évolution. Qu'ils ignorent le fait que le stalinisme est totalitaire, anti-égalitaire et anti-démocratique sur son territoire d'origine, c'est déjà assez grave. Mais ce qui préoccupe plus immédiatement un peuple qui vient de gagner sa guerre d'indépendance, c'est que la Russie a réduit à des satellites tous les pays qu'elle « influence », les prive d'indépendance et de liberté nationales, étouffe leur développement industriel (Yougoslavie), draine leur ressources naturelles (Roumanie et Mandchourie) et liquider les Fierlinger et les Quisling qui ont contribué à les porter au pouvoir.

L'antidote à ces deux dangers se trouve sur la même route. Les travailleurs israéliens doivent prendre l'initiative de créer un mouvement socialiste indépendant dans les pays arabes et pour une unification des peuples du Proche-Orient.

Le type de paix négocié par Israël fera beaucoup pour faire avancer ces développements nécessaires. La politique intérieure et, surtout, la manière dont la réforme agraire arabe sera traitée, est une composante importante d'une telle politique.

Points dans un programme

Tandis que Action syndicale ne peut se substituer au mouvement ouvrier juif et arabe, dont le travail est d'élaborer un programme concret, Action syndicale peut et offre quelques suggestions qui peuvent être le début d'un tel programme :


La guerre d'indépendance elle-même

La guerre d'indépendance est mieux comprise en deux phases : d'abord, comme une guerre civile judéo-arabe, puis comme une guerre régionale.

La guerre civile entre les Arabes et le Yishuv a commencé le 29 novembre 1947. À la suite du vote des Nations Unies sur la partition de la Palestine en États juifs et arabes séparés, les Arabes palestiniens ont attaqué de nombreuses communautés et quartiers juifs. Les volontaires arabes des pays voisins se sont de plus en plus joints au conflit au cours des quatre mois suivants, le Yishuv a subi de graves pertes.

Le vent a commencé à tourner en avril 1948 lorsque la Haganah a pris l'initiative. Dans une période de six semaines, les Juifs ont capturé les régions arabes de Haïfa, Tibériade, Acre et Safed. Une grande partie des terres désignées pour un État juif par le plan de partition de l'ONU est passée sous le contrôle du Yishuv pendant cette période. La Haganah a également réussi à ouvrir la route de Jérusalem, bien que temporairement. (La capture controversée de Deir Yassin, dans les collines à l'extérieur de Jérusalem, a eu lieu pendant cette période.)

David Ben Gourion visitant le front sud pendant la guerre d'indépendance.

La guerre d'indépendance est passée d'une guerre civile à une guerre régionale plus large en mai. En un mot, Israël a déclaré son indépendance le 14 mai. Le lendemain, le dernier personnel britannique est parti et les armées d'Égypte, de Jordanie, de Syrie, du Liban et d'Irak ont ​​immédiatement envahi. Ces cinq armées étaient en nombre supérieur et mieux armées. Tsahal a subi des défaites précoces, perdant le bloc Etzion au sud de Jérusalem aux mains des forces jordaniennes, la communauté nord de Mishmar HaYarden aux forces syriennes et Yad Mordechai près de Gaza aux forces égyptiennes.

Mais en juillet, Tsahal a endigué ses pertes et, en octobre, a lancé la première des quatre opérations qui ont ouvert la voie à un armistice :

  • Opération Yoav (octobre) : Dégagement de la route vers le Néguev et capture de Beer Sheva.
  • Opération Hiram (octobre) : Capture de la Haute Galilée aux mains de l'Armée de libération arabe.
  • Opération Horev (décembre) : piégeage de l'armée égyptienne à Gaza.
  • Opération Uvda (mars 1949) : chasser les forces jordaniennes du sud du Néguev, atteignant Eilat et la mer Rouge.

Contenu

1948 Guerre israélo-arabe

Le 14 mai 1948, David Ben Gourion, au nom des dirigeants juifs, « a déclaré la création d'un État juif en Eretz Israël, qui sera connu sous le nom d'État d'Israël ». [7] La ​​Légion arabe jordanienne, sous la direction de Sir John Bagot Glubb, connu sous le nom de Glubb Pasha, a reçu l'ordre d'entrer en Palestine, de sécuriser la zone arabe désignée par l'ONU, puis d'entrer dans Jérusalem. corps séparé tel que défini par le Plan de partition des Nations Unies.

Le 22 septembre 1948, le gouvernement de toute la Palestine a été établi à Gaza capturé par l'Égypte. Le 30 septembre, le premier congrès palestinien, qui considérait la Palestine comme faisant partie de la Syrie, a dénoncé le « gouvernement » de Gaza. [8] La Conférence de Jéricho de décembre 1948, une réunion d'éminents dirigeants palestiniens et du roi Abdallah, a voté en faveur de l'annexion dans ce qui était alors la Transjordanie. [9]

À la fin de la guerre, les forces jordaniennes contrôlaient la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est. Le 3 avril 1949, Israël et la Jordanie signent un accord d'armistice. Les points principaux comprenaient :

  • Les forces jordaniennes sont restées dans la plupart des positions qu'elles occupaient en Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est et la vieille ville.
  • La Jordanie a retiré ses forces de ses postes de front surplombant la plaine du Sharon. En retour, Israël a accepté de permettre aux forces jordaniennes de reprendre des positions en Cisjordanie précédemment détenues par les forces irakiennes.
  • Un comité spécial devait être formé pour prendre des dispositions pour la circulation en toute sécurité entre Jérusalem et le campus du mont Scopus de l'Université hébraïque de Jérusalem, le long de l'autoroute Latroun-Jérusalem, le libre accès aux Lieux saints et d'autres questions. Le comité n'a jamais été formé et l'accès aux Lieux Saints a été refusé aux Israéliens tout au long de l'occupation jordanienne.

Le reste de la zone désignée comme faisant partie d'un État arabe dans le cadre du plan de partage des Nations Unies était en partie occupée par l'Égypte (bande de Gaza), en partie occupée et annexée par Israël (ouest du Néguev, ouest de la Galilée, Jaffa). L'enclave internationale prévue de Jérusalem était divisée entre Israël et la Jordanie. Les Jordaniens ont immédiatement expulsé tous les résidents juifs de Jérusalem-Est. [10] Toutes sauf une des 35 synagogues de la vieille ville ont été détruites au cours des 19 années suivantes, soit rasées, soit utilisées comme écuries et poulaillers. De nombreux autres bâtiments historiques et religieux ont été remplacés par des structures modernes. [11] [12] L'ancien cimetière juif sur le mont des Oliviers a été profané et les pierres tombales ont été utilisées pour la construction, le pavage des routes et le revêtement des latrines. La route menant à l'hôtel Intercontinental a été construite au-dessus du site. [13]

Annexion

  •        Israël, reconnu pour la première fois par les États-Unis, le 15 mai 1948
  •        Attribué à l'État arabe, occupé par l'Égypte en février 1949/Jordanie en avril 1949
  •        Alloué à l'État arabe, occupé par Israël février/avril 1949

En mars 1948, le cabinet britannique avait convenu que les autorités civiles et militaires de Palestine ne feraient aucun effort pour s'opposer à la création d'un État juif ou à une entrée en Palestine depuis la Transjordanie. [14]

Les États-Unis, avec le Royaume-Uni, étaient favorables à l'annexion par la Transjordanie. Le Royaume-Uni a préféré permettre au roi Abdallah d'annexer le territoire le plus tôt possible, tandis que les États-Unis ont préféré attendre la conclusion des négociations négociées par la Commission de conciliation palestinienne. [15]

La Jordanie a officiellement annexé la Cisjordanie le 24 avril 1950, donnant à tous les résidents la citoyenneté jordanienne automatique. Les résidents de Cisjordanie avaient déjà reçu le droit de revendiquer la citoyenneté jordanienne en décembre 1949.

L'annexion de la Jordanie a été largement considérée comme illégale et nulle par la Ligue arabe et d'autres. Elihu Lauterpacht l'a décrit comme une décision qui "manquait totalement de justification légale". [16] L'annexion faisait partie de la politique expansionniste du « Plan pour la Grande Syrie » de la Jordanie, [17] et en réponse, l'Arabie saoudite, le Liban et la Syrie se sont joints à l'Égypte pour exiger l'expulsion de la Jordanie de la Ligue arabe. [18] [19] Une motion pour expulser la Jordanie de la Ligue a été empêchée par les votes dissidents du Yémen et de l'Irak. [17] Le 12 juin 1950, la Ligue arabe a déclaré que l'annexion était une mesure temporaire et pratique et que la Jordanie détenait le territoire en tant qu'« administrateur » en attendant un futur règlement. [20] [21] Le 27 juillet 1953, le roi Hussein de Jordanie a annoncé que Jérusalem-Est était "la capitale alternative du Royaume hachémite" et formerait une "partie intégrale et inséparable" de la Jordanie. [22] Dans une adresse au parlement à Jérusalem en 1960, Hussein a qualifié la ville de "deuxième capitale du Royaume hachémite de Jordanie". [23]

Seul le Royaume-Uni a formellement reconnu l'annexion de la Cisjordanie, de facto dans le cas de Jérusalem-Est. [24] Le Département d'État des États-Unis a également reconnu cette extension de la souveraineté jordanienne. [25] [26] On prétend souvent que le Pakistan a reconnu aussi l'annexion de la Jordanie, mais c'est douteux. [27] [28]

En 1950, les Britanniques ont officiellement reconnu l'union entre le Royaume hachémite et la partie de la Palestine sous occupation et contrôle jordaniens - à l'exception de Jérusalem. Le gouvernement britannique a déclaré qu'il considérait les dispositions du traité d'alliance anglo-jordanien de 1948 comme applicables à tout le territoire inclus dans l'union. [29] Malgré l'opposition de la Ligue arabe, les habitants de Cisjordanie sont devenus citoyens de la Jordanie.

Les tensions se sont poursuivies entre la Jordanie et Israël jusqu'au début des années 1950, avec des guérilleros palestiniens et des commandos israéliens franchissant la Ligne verte. Abdullah Ier de Jordanie, devenu émir de Transjordanie en 1921 et roi en 1923, a été assassiné en 1951 lors d'une visite à la mosquée Al-Aqsa sur le mont du Temple à Jérusalem-Est par un tireur palestinien à la suite de rumeurs selon lesquelles il discutait d'une paix traité avec Israël. Le procès a conclu que cet assassinat avait été planifié par le colonel Abdullah el-Tell, ancien gouverneur militaire de Jérusalem, et Musa Abdullah Husseini. Son petit-fils, le roi Hussein de Jordanie, lui succéda à sa majorité en 1953, après le bref règne de son père Talal.

Occupation jordanienne

Contrairement à tout autre pays arabe vers lequel ils ont fui après la guerre israélo-arabe de 1948, les réfugiés palestiniens en Cisjordanie (et en Cisjordanie) ont reçu la citoyenneté jordanienne au même titre que les résidents existants. [30] Cependant, de nombreux réfugiés ont continué à vivre dans des camps et dépendaient de l'assistance de l'UNRWA pour leur subsistance. Les réfugiés palestiniens constituaient plus d'un tiers de la population du royaume de 1,5 million.

Au parlement jordanien, les rives occidentale et orientale ont reçu 30 sièges chacune, avec des populations à peu près égales. Les premières élections ont eu lieu le 11 avril 1950. Bien que la Cisjordanie n'ait pas encore été annexée, ses habitants ont été autorisés à voter. Les dernières élections jordaniennes au cours desquelles les résidents de Cisjordanie voteraient étaient celles d'avril 1967, mais leurs représentants parlementaires resteraient en fonction jusqu'en 1988, date à laquelle les sièges de Cisjordanie ont finalement été abolis.

L'agriculture reste l'activité principale du territoire. La Cisjordanie, malgré sa plus petite superficie, contenait la moitié des terres agricoles de la Jordanie. En 1966, 43 % de la population active de 55 000 personnes travaillait dans l'agriculture et 2 300 km² étaient cultivés. (Chiffres qui ont considérablement diminué depuis.) En 1965, 15 000 travailleurs étaient employés dans l'industrie, produisant 7 % du PNB. Ce nombre a chuté après la guerre de 1967 et ne sera dépassé qu'en 1983. [31] L'industrie du tourisme a également joué un rôle important. 26 succursales de 8 banques arabes étaient présentes. Le dinar jordanien est devenu monnaie légale, et le reste aujourd'hui. [ citation requise ]

Il y a eu un important flux de population de la Cisjordanie vers la Cisjordanie, en particulier vers la capitale, Amman.

Accès aux lieux saints

La Jordanie s'était engagée dans le cadre des accords d'armistice du 3 avril 1949 à autoriser « le libre accès aux lieux saints et aux institutions culturelles et l'utilisation des cimetières du mont des Oliviers ». Les pèlerins chrétiens étaient autorisés à visiter le mont du Temple, mais les Juifs de tous les pays et les Israéliens non juifs n'avaient pas le droit d'entrer en Jordanie et ne pouvaient donc pas se rendre dans la région. [32] Les touristes entrant à Jérusalem-Est devaient présenter des certificats de baptême ou toute autre preuve qu'ils n'étaient pas juifs. [33] [34]

Le comité spécial qui devait prendre des dispositions pour les visites des lieux saints n'a jamais été formé et les Israéliens, quelle que soit leur religion, se sont vu interdire l'entrée dans la vieille ville et les autres lieux saints. [35] Le quartier juif et ses anciennes synagogues ont été systématiquement détruits comme la synagogue Hurva [36] [37] et les pierres tombales du cimetière juif du mont des Oliviers ont été utilisées pour construire des latrines pour les casernes de l'armée jordanienne. [38] [39]

Guerre des Six Jours

À la fin de la guerre des Six Jours, la Cisjordanie anciennement contrôlée par la Jordanie avec son million d'habitants palestiniens était passée sous occupation militaire israélienne. Environ 300 000 réfugiés palestiniens ont fui vers la Jordanie. Après 1967, tous les groupes religieux ont obtenu l'administration de leurs propres lieux saints, tandis que l'administration du Mont du Temple, sacré pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans, est restée entre les mains du Waqf islamique de Jérusalem qui en avait la responsabilité pendant les 800 années précédentes. .


ISRAEL JORDANIE ARMISTICE MARS 1949 - Histoire

Lors de sa capture par la Légion arabe, le quartier juif de la vieille ville a été détruit et ses habitants expulsés. Cinquante-huit synagogues, vieilles de plusieurs centaines d'années, ont été détruites, leur contenu pillé et profané. Certains sites religieux juifs ont été transformés en poulaillers ou en stalles d'animaux. Le cimetière juif du mont des Oliviers, où les Juifs enterraient leurs morts depuis plus de 2500 ans, a été saccagé. Des tombes ont été profanées. L'hôtel Intercontinental a été construit au sommet du cimetière et les tombes ont été démolies pour faire place à une autoroute menant à l'hôtel. Le Mur occidental est devenu un bidonville.

L'annexion illégale de la Jordanie

En 1950, la Jordanie a annexé les territoires qu'elle avait capturés lors de la guerre de 1948 à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. La résolution du 24 avril a déclaré « son soutien à l'unité complète entre les deux rives du Jourdain et leur union en un seul État, qui est le Royaume hachémite de Jordanie, à la tête duquel règne le roi Abdullah Ibn al Husain.

Alors que la Grande-Bretagne et le Pakistan étaient les seuls pays à reconnaître l'annexion de la Jordanie, toutes les autres nations, y compris les États arabes, l'ont rejetée, la Grande-Bretagne n'a reconnu que l'annexion de la Cisjordanie. Il n'a jamais reconnu la souveraineté de la Jordanie ou d'Israël sur aucun secteur de Jérusalem, considérant à la fois l'annexion de la Jordanie en 1950 et l'annexion de Jérusalem-Ouest par Israël comme illégales.

Restrictions religieuses et refus d'accès aux lieux saints

En violation directe des accords d'armistice de 1949, la Jordanie n'a pas permis aux Juifs d'accéder à leurs lieux saints ou au cimetière juif du mont des Oliviers.

L'article VIII de l'Accord d'armistice entre Israël et la Jordanie (3 avril 1949) a établi un comité spécial qui « porterait son attention sur la formulation de plans et d'arrangements convenus », y compris « l'accès gratuit aux Lieux Saints et aux institutions culturelles et l'utilisation du cimetière sur le mont des Oliviers. » Néanmoins, et malgré les nombreuses demandes des autorités israéliennes et des groupes juifs à l'ONU, aux États-Unis et à d'autres pour tenter de faire respecter l'accord d'armistice, les Juifs se sont vu refuser l'accès au Mur des Lamentations, au cimetière juif et à tous les sites à Jérusalem-Est. Les lignes d'armistice ont été scellées alors que des tireurs d'élite jordaniens se perchaient sur les murs de la vieille ville et tiraient sur les Israéliens à travers les lignes.

Les Arabes israéliens se sont également vu refuser l'accès à la mosquée Al Aqsa et au Dôme du Rocher, mais leurs sites musulmans à Jérusalem-Est ont été respectés.


La Jordanie récupérera-t-elle son territoire à « Israël » l'année prochaine ?

Pour récupérer les droits des Jordaniens sur la terre et l'eau, pour protéger le pays des menaces et des complots, et pour vérifier les frontières internationalement reconnues du Royaume hachémite de Jordanie, le gouvernement a décidé d'entamer un processus de négociations avec l'État d'Israël.

Avec cette déclaration, le gouvernement a exhorté le parlement à ratifier le traité de paix de 1994 entre la Jordanie et Israël.

Octobre 2017 a marqué le 23e anniversaire de la signature du « Traité de paix entre l'État d'Israël et le Royaume hachémite de Jordanie », communément appelé l'accord de Wadi Araba. Le parlement jordanien a ratifié l'accord alors qu'il n'avait pas accès à ses cinq annexes, notes de bas de page et cartes répertoriées. Lors d'une discussion sur l'accord de paix devant le Parlement avant sa ratification, un responsable du gouvernement a affirmé qu'« en vertu des dispositions du traité, y compris les annexes et les cartes, la Jordanie reprend le contrôle total des zones occupées par Israël sans céder d'un pouce ». Bien que les frontières soient en tête de liste des sujets de négociation épineux, le parlement semble avoir signé le traité sans examiner les annexes et les cartes jointes, sans lire les petits caractères.

Trois régions le long de la frontière sont toujours soit officiellement occupées, soit soumises à des « droits privés » retenus par « Israël » qui sapent la souveraineté jordanienne : al-Baqura au nord de la vallée du Jourdain, Wadi Araba au sud et la ville portuaire de la mer Rouge de Aqaba.

Pendant des années, les Jordaniens ont profité de l'anniversaire de la signature du traité pour réaffirmer leur opposition à l'accord et aux diverses menaces qu'il représente. Cependant, le dernier anniversaire a soulevé une question supplémentaire et déterminante. La Jordanie, dans le cadre de l'accord, a placé al-Baqura et al-Ghamr sous un « régime spécial », louant effectivement ces deux régions à « Israël » pour une période de 25 ans. Les deux parties ont le droit d'informer l'autre partie de tout désir de mettre fin à cet accord dans ce délai. Cela signifie que, selon les termes du traité, la Jordanie peut informer « Israël » au cours de la prochaine année qu'elle n'a pas l'intention de renouveler le bail pour ces deux régions et en reprendra le contrôle.

Le conflit avec « Israël » n'est pas simplement un différend frontalier entre deux pays voisins. C'est un conflit existentiel total avec un État occupant et une entité coloniale expansionniste. Néanmoins, il est important d'approfondir les détails du traité afin de découvrir les contradictions avancées par le gouvernement jordanien dans sa justification de la « paix » avec Israël. Les Jordaniens ont le droit de savoir comment les négociations sur leurs terres ont été menées et ils ont le droit d'exiger des comptes. Cela ne veut en aucun cas dire que le conflit avec « Israël » se limite à cette question ou que la responsabilité ne concerne que les aspects techniques d'un traité qui a fait face et continue de faire face à l'opposition populaire.

Mais certaines questions doivent être posées. La Jordanie a-t-elle vraiment récupéré tous les territoires occupés par Israël ? Comment les a-t-il récupérés ? Quel est le contexte historique de l'occupation par Israël de ces territoires ? La Jordanie récupérera-t-elle sa pleine souveraineté sur al-Baqura et al-Ghamr, deux zones qui restent ouvertes aux colons israéliens ? Cet article tente d'apporter une réponse à ces questions à travers une discussion sur la terre et les frontières dans ces trois régions entre la Jordanie et Israël.

Al-Baqura : Comment a-t-il été occupé et pourquoi a-t-il été placé sous un « régime spécial » dans le traité ?

L'annexe I (B) de l'accord de Wadi Arab stipule qu'un « régime spécial s'appliquera à la région de Naharayim/Baqura » dans le nord de la vallée du Jourdain et qu'« Israël » est obligé de reconnaître la souveraineté de la Jordanie dans la région. L'annexe garantit « les droits de propriété foncière privée israélienne et les intérêts de propriété (« propriétaires fonciers ») » dans la région.

La Jordanie, pour sa part, assume les obligations suivantes par l'accord :

Accorder gratuitement aux propriétaires fonciers et à leurs invités ou employés la liberté d'entrée, de sortie de l'utilisation du sol et de circulation à l'intérieur de la zone sans entraves…

Ne pas appliquer sa législation douanière ou d'immigration aux propriétaires terriens, à leurs invités ou employés traversant directement d'Israël vers la zone dans le but d'accéder à la terre à des fins agricoles, touristiques ou à toute autre fin convenue…

Prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger et empêcher le harcèlement ou le préjudice à toute personne entrant dans la zone en vertu de la présente annexe.

Permettre avec le minimum de formalité, aux agents en uniforme de la police israélienne, l'accès à la zone dans le but d'enquêter sur des crimes ou de traiter d'autres incidents impliquant uniquement les propriétaires fonciers, leurs invités ou leurs employés.

Dans Relations jordano-israéliennes dans le cadre du traité de paix , le chercheur Khaled Habashneh attire l'attention sur la manière dont le statut actuel d'al-Baqura sape le concept même de souveraineté. 1 La souveraineté d'un point de vue international, écrit-il, comprend « le contrôle d'un État sur ses terres et sa population ainsi que sur ses ressources internes et externes ». Comment alors cette zone est-elle devenue des « terres privées israéliennes » et pourquoi la Jordanie a-t-elle reconnu la propriété israélienne ?

Rutenberg et la Palestine Electric Company

Le 5 mars 1926, la direction du mandat britannique accorda à la Palestine Electric Company une concession pour produire de l'énergie hydroélectrique en utilisant le Jourdain et le Yarmouk afin de produire, fournir et distribuer de l'électricité en Palestine et en Transjordanie. 3 Le président de la compagnie d'électricité à l'époque était Pinhas Rutenberg 2 , un leader du mouvement sioniste. Deux ans plus tard, en 1928, le Conseil exécutif, principal organe directeur de la Transjordanie, ratifie la concession pour une durée de 70 ans.La décision, intervenue sous le deuxième gouvernement d'Hassan Khaled Abu al-Huda, a constitué « l'une des concessions les plus dangereuses accordées au nom de la Transjordanie », écrivent Suleiman Mousa et Muneeb al-Madi dans L'histoire de la Jordanie au 20 e Siècle. 4

L'entreprise de l'entreprise illustre le type de stratégie utilisée par le mouvement sioniste pour promouvoir la migration des Juifs du monde entier vers la Palestine. À travers le projet énergétique, le mouvement sioniste visait à « développer » la terre de Palestine et à la rendre plus appropriée et attrayante pour les futurs immigrants juifs à l'étranger. 5 En juin 1928, le Conseil exécutif approuve la vente de 6 000 dunums (6 km²) de terrain à la société Rutenberg. Le terrain était adjacent à l'usine principale de l'entreprise et vendu à un taux de trois livres par dunam (1000 m²). Le conseil a également approuvé la demande de l'entreprise de construire un village dans la région où les fleuves Jourdain et Yarmouk se rencontrent près de Jisr al-Majami'. 6

« Rutenberg a découvert que son entreprise n'avait pas besoin de 6 000 dunums [6 km²] et a essayé de s'arranger pour vendre la terre à des colons juifs », écrit l'historienne Mary Wilson dans Le roi Abdallah, la Grande-Bretagne et la création de la Jordanie . 7 Selon les recherches de Khaled Habashneh, Rutenberg a vendu les terres excédentaires à l'Agence juive. Dans le même temps, Habashneh souligne que les contrats de vente du terrain d'origine – toujours conservés au Département des terres et de l'arpentage de la ville d'Irbid – stipulent que Rutenberg ne cède la propriété du terrain à aucune autre partie. La compagnie d'électricité n'était tenue de prendre que le terrain dont elle avait besoin, précisent les contrats, le reste étant restitué au gouvernement jordanien en échange d'un remboursement du prix d'achat initial. Dans le cas où Rutenberg transférait la propriété de la terre à une autre partie, la terre reviendrait par la loi en possession du gouvernement jordanien.

Le projet de Rutenberg a rencontré une vive opposition populaire en Transjordanie car il était considéré comme un précurseur de la migration sioniste. Un certain nombre d'habitants de villes de Transjordanie ont boycotté l'électricité de l'entreprise, optant plutôt pour l'achat de générateurs privés. La ville d'Irbid a été témoin d'une vague de protestations populaires contre le projet en avril 1927. Les habitants opposés à l'époque ont même exprimé leur volonté de rassembler eux-mêmes des fonds afin de racheter le terrain de Rutenberg. 8 Le procès-verbal d'une session du Conseil législatif de cette année-là montre un mécontentement similaire, comme celui du député Shamseddin Sami qui considérait la Palestine Electric Company « rien d'autre qu'un projet sioniste que le gouvernement n'avait pas besoin d'autoriser dans le pays ». 9 Sami a poursuivi en accusant plusieurs députés d'avoir empoché des pots-de-vin, estimant que l'entreprise n'avait besoin que de 75 dunums (0,075 km²) sur les 6 000 dunums (6 km²) reçus. dix

Plus tard, pendant la guerre israélo-arabe de 1948, l'usine principale de l'entreprise sera convertie par l'armée israélienne en base militaire, écrivent Mousa et al-Madi dans L'histoire de la Jordanie . La société a interrompu ses opérations après que l'armée irakienne ait bombardé l'usine au cours de la même guerre.

L'occupation d'al-Baqura

En 1950, l'armée israélienne a commencé à s'étendre en Jordanie. Les forces israéliennes ont traversé le Jourdain et ont pris le territoire de la région nord d'al-Baqura, offrant au Royaume hachémite un fait accompli . L'armée israélienne a saisi environ 1 390 dunums (1,39 km²), écrit Nahed Hatter dans le Atlas du centre géographique de Jordanie (1983). 11

La question de l'occupation d'al-Baqura a été portée devant le deuxième parlement jordanien. Le procès-verbal de la première session ordinaire du parlement comprend un discours prononcé par le ministre de la Défense de l'époque, Fawzi al-Mulki. « Le 28 août 1950, le chef d'état-major interarmées de l'armée a appris des dirigeants de la région d'Ajloun que [les forces] juives étaient entrées sur le territoire jordanien par une zone située du côté nord-ouest du barrage de la centrale de Rutenberg », a déclaré le ministre. « Cette terre est intrinsèquement une terre jordanienne selon les frontières officielles convenues en interne. » Dans la même déclaration, al-Mulki a appelé les dirigeants du régiment de Lash Pasha - se référant à deux commandants britanniques de la Légion arabe, Norman Lash et Sir John Glubb "Pacha" - à venir à Amman et "les a informés de la détermination du gouvernement défendre par la force toute attaque juive.

Le gouvernement britannique a informé la Jordanie qu'"il considérait que le seul moyen de régler l'incident était des négociations, et non l'usage de la force". Le gouvernement américain a également exprimé son souhait « que l'incident soit résolu par la médiation d'un organe de l'ONU ». Finalement, la Jordanie s'est contentée de déposer une plainte auprès du Conseil de sécurité de l'ONU. Le procès-verbal d'une réunion du Conseil législatif de l'époque reflète le ressentiment de certains députés à l'égard du contentement du gouvernement de simplement déposer une plainte. Les membres du Parlement ont également exprimé leur hostilité envers le représentant britannique au Conseil de sécurité, a déclaré le député Saeed Beik al-Azza, après avoir déclaré que « le terrain contesté entre le Royaume hachémite de Jordanie et les Juifs ne vaut pas la peine d'être présenté devant le Conseil de sécurité. L'estimé Conseil de sécurité ne devrait pas se préoccuper d'une question aussi insignifiante. » 12

Négociations sur al-Baqura

Pendant les négociations de Wadi Araba, « Israël » a affirmé que sur les 1 390 dunums (1,39 km²) occupés en 1950, 830 dunums (0,83 km²) étaient une « propriété privée israélienne ». Les négociateurs jordaniens ont acquiescé à l'argument d'Israël. Ils n'ont pas insisté sur la restitution complète du terrain et les deux parties ont effectivement convenu d'un bail. Munther J. Haddadin, négociateur avec la délégation jordanienne, raconte dans Diplomatie sur le Jourdain comment le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin a convaincu le roi Hussein de louer le terrain à Israël :

« Pourquoi ne nous le louez-vous pas, Votre Majesté ? » demanda Rabin.

« La notion de bail n'est pas sur la table, dit le roi, mais combien de temps voulez-vous y rester ?

"Disons 25 ans, renouvelables par consentement mutuel."

"Cela semble raisonnable." 13

La Jordanie était satisfaite de la reconnaissance par Israël de la souveraineté jordanienne. Les deux parties ont convenu de mettre en œuvre un « régime spécial » dans ce segment de la région d'al-Baqura qui garantissait « les droits de propriété foncière privée et les intérêts de propriété israéliens ». Cet arrangement resterait « en vigueur pendant 25 ans et serait renouvelé automatiquement pour les mêmes périodes, à moins qu'un préavis d'un an ne soit donné par l'une ou l'autre des parties », conformément à l'annexe I (B) de l'accord.

Par conséquent, si la Jordanie veut mettre fin à l'arrangement actuel et reprendre le contrôle total de ce territoire, elle doit alors informer l'État occupant « Israël » dans les prochains mois. Une telle démarche serait en totale conformité avec le cadre juridique du traité, même si la Jordanie a régulièrement invoqué l'accord comme une « restriction » dans toute action contre Israël.

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L'expansionnisme israélien à Wadi Araba après 1967

« Israël » a occupé de vastes étendues du territoire jordanien à Wada Araba, au sud de la mer Morte, au lendemain de la guerre des Six Jours. « Après 1967, Israël a commencé à modifier la ligne d'armistice à Wadi Araba », écrit Hattar dans le Atlas du centre géographique jordanien (1983), « poussant la ligne vers l'est dans diverses zones, dans certaines régions jusqu'à 8 km ».

« Israël » a employé une rhétorique qui liait les sections occupées de Wadi Araba aux efforts pour faire face aux opérations de résistance palestinienne visant les colonies israéliennes dans la région. « Israël » « déplaçait la ligne de sécurité vers l’est », écrit Elyakim Rubinstein, chef de la délégation israélienne aux négociations de Wadi Araba, dans un article intitulé « Aux frontières : la frontière d’Israël avec la Jordanie ».

« Israël a décidé après 1967 de changer effectivement la frontière en installant des installations militaires et de sécurité », a écrit Chaim Levite, fondateur de la colonie Hatzeva adjacente à la frontière jordanienne, dans un article en hébreu intitulé « Échange de terres dans le Wadi Araba ». « Israël » a également « prolongé les routes de patrouille à quelques kilomètres à l'est de la ligne de cessez-le-feu en Jordanie », a ajouté Levite. L'expansion de la frontière a permis à « Israël » de pousser les Palestiniens fedayin plus loin de ses implantations dans la région de Wadi Arab, créant une zone tampon virtuelle.

Après une première occupation militaire, les colons israéliens ont commencé à étendre leurs fermes de l'autre côté de la frontière jordanienne, s'emparant de vastes étendues de terre dans la zone frontalière de Wadi Araba. Ils cultivaient la terre et creusaient des puits pour approvisionner en eau les fermes transfrontalières.

Les colons israéliens du centre de Wadi Araba ont pu obtenir des « permis spéciaux » pour cultiver de l'autre côté de la frontière jordanienne, écrit Menachem Marcus, géographe sioniste et fondateur des soi-disant « écoles de terrain » qui soutenaient ces colonies agricoles. Dans son article « L'échange de terres du Wadi Araba dans le traité de paix avec la Jordanie », il affirme que les agriculteurs israéliens ont obtenu des permis pour s'étendre de l'autre côté de la frontière en raison de l'afflux important de colons dans la région. Les colons cultivaient environ 5 000 dunums (5 km²) de sol jordanien, soit environ 50 pour cent des terres arables de Wadi Araba.

La « charrue des colons » trace la frontière avec la Jordanie

Lorsque les négociations jordano-israéliennes ont commencé, les colons cultivant à Wadi Araba se sont inquiétés de la possibilité de perdre les terres qu'ils avaient cultivées à l'intérieur du territoire jordanien. Les dirigeants des colonies ont commencé à faire pression sur les négociateurs israéliens pour qu'ils s'accrochent fermement aux territoires et ne les renvoient pas en Jordanie. 14 Shai Bin Eliahu, l'autorité régionale de Wadi Araba, a été le fer de lance de la défense de cette terre, qu'il considérait comme une « nécessité absolue » pour les colons agriculteurs de Wadi Araba, écrit Chaim Levite.

L'article 3 de l'accord de Wadi Araba stipule que « la frontière internationale entre Israël et la Jordanie est délimitée en référence à la définition de la frontière en vertu du Mandat ». Le mandat britannique pour la Palestine en 1922 a établi les frontières comme suit :

… tout territoire situé à l'est d'une ligne tracée à partir d'un point situé à deux milles à l'ouest de la ville d'Akaba [Aqaba] sur le golfe de ce nom jusqu'au centre de Wady Araba, de la mer Morte et du Jourdain jusqu'à sa jonction avec le fleuve Yarmouk : de là en remontant le centre de ce fleuve jusqu'à la frontière syrienne. 15

Les négociateurs israéliens ont affirmé que le mandat ne clarifiait pas spécifiquement la manière dont les frontières devaient être tracées dans le Wadi Araba. Le négociateur en chef de la délégation israélienne a déclaré que le « centre » de la mer Morte, du Jourdain et du fleuve Yarmouk était clair et internationalement reconnu. « Mais qu’entend-on par « centre » de Wadi Araba ? Il a demandé. Les Israéliens se sont demandé si « centre » signifiait le milieu, un emplacement central ou un point à mi-chemin. Quant au terme oued -ou "vallée"-fait-il référence au ruisseau qui le traverse ou englobe-t-il également la verdure sur les berges du ruisseau ? À la suite de ce différend, la Jordanie a accepté que la frontière de Wadi Araba soit délimitée conformément à la ligne d'armistice de 1949 décrite dans le traité de Rhodes des Nations Unies, signé le 3 avril 1949.

Les négociateurs israéliens ont alors proposé l'idée d'un échange de terres dans leur préoccupation concernant « les intérêts des agriculteurs israéliens ». Des frontières basées sur la ligne d'armistice de 1949 signifieraient que la Jordanie a récupéré une grande partie des terres agricoles de Wadi Araba, et les colons subiraient une perte financière. Les parties ont donc convenu, selon Avi Shlaim dans son livre Lion de Jordanie : la vie du roi Hussein dans la guerre et la paix :

… que quelques ajustements mineurs pourraient être apportés aux frontières du Wadi Araba en échangeant des territoires exactement de la même taille. Israël conserverait les terres jordaniennes que ses agriculteurs exploitaient dans la zone frontalière en échange de la cession à la Jordanie de terres incultes de taille égale. 16

Tous les domaines restants discutés dans les négociations ont été divisés le long de la ligne d'armistice de 1949.

Les Israéliens appréciaient « la générosité du roi Hussein et sa compréhension de l’importance des terres agricoles pour Israël », écrit Chaim Levite, « surtout en comparaison du peu d’intérêt pour l’agriculture manifesté par la Jordanie à Wadi Araba ». La délégation israélienne « doutait que nous trouvions un autre dirigeant arabe qui agirait de la sorte », raconte Lévite.

Alors que les Israéliens ont acquis des terres cultivées à l'intérieur de la frontière jordanienne, leur homologue jordanien a reçu ce que le négociateur en chef israélien lui-même a appelé « une terre accidentée et rocheuse ». Ce sont ces termes favorables qui ont conduit un colon israélien âgé de Wadi Araba à dire que « la frontière a été tracée partout où la charrue hébraïque est arrivée ».

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Occupation par l'agriculture à al-Ghamr

Il restait une parcelle de terre difficile à échanger car elle s'étendait de l'autre côté de la frontière jordanienne sur cinq kilomètres. Les Israéliens ont tenu bon à leur demande pour ce territoire comme « une extension naturelle » de la colonie de Tsofar. Les soldats de Nahal, membres d'un programme paramilitaire de Tsahal qui combine service militaire et développement agricole, ont établi Tsofar en 1968 parmi plusieurs autres colonies agricoles le long de la frontière jordanienne.

« Israël » a refusé de céder ce terrain à al-Ghamr, élément vital de son expansion agro-militaire. La zone totalisait environ 4 000 dunums (4 km²), dont 1 000 dunums (1 km²) étaient cultivés et tombait à seulement un kilomètre de l'ancienne route de la mer Morte.

Les négociateurs jordaniens ont convenu que le même « régime spécial » utilisé à al-Baqura serait appliqué à al-Ghamr. « Israël » a reconnu la souveraineté jordanienne dans la région en échange de la reconnaissance par la Jordanie des « droits d'utilisation des terres privées israéliennes ». La Jordanie a accepté la propriété foncière israélienne à al-Ghamr, comme elle l'a fait à al-Baqura.

Les agriculteurs israéliens d'al-Ghamr cultivent des fleurs, des courges et des poivrons pour l'exportation et la consommation intérieure. « C'est la meilleure solution pour nous », a déclaré un agriculteur israélien de la région, un militaire à la retraite qui a combattu dans trois guerres contre des nations arabes, après la signature du traité. « C'est un excellent [accord] ».

Comme c'est le cas à al-Baqura, la Jordanie peut dans les prochains mois informer Israël qu'elle n'a pas l'intention de renouveler ce « régime spécial » à al-Ghamr.

L'occupation inaugure une fait accompli à Aqaba

Le 10 mars 1949, au milieu des négociations d'armistice entre la Jordanie et Israël, les forces israéliennes ont franchi la ligne d'armistice de deux kilomètres et occupé la ville d'Umm al-Rashrash. L'offensive faisait partie de « l'opération Ovda », tiré du mot hébreu pour « fait » en référence à la mission de l'opération d'établir de facto Souveraineté israélienne dans le sud de la frontière jordano-israélienne. Umm al-Rashrash, une étendue de sept kilomètres carrés de territoire sur le golfe d'Aqaba, serait le site où « Israël » a établi le port d'Eliat sur la mer Rouge. En réponse à l'offensive, la Jordanie a déposé une protestation auprès du médiateur de l'ONU Ralph Bunche, note Khaled Habashneh. La région est classée comme territoire occupé dans le Atlas du centre géographique de Jordanie. La section de l'atlas traitant d'Umm al-Rashrash note également qu'« Israël a occupé l'emplacement indiqué sur la carte sous prétexte que la frontière entre la Palestine et la Transjordanie était marquée par cette ligne conformément au mandat [britannique] ».

« Israël » s'est appuyé sur un document publié par les dirigeants du mandat britannique pour justifier l'occupation. Le document fait référence à la démarcation partielle de la frontière entre la Transjordanie et la Palestine avec des coordonnées définies en 1946, vingt jours seulement avant que la Jordanie ne déclare l'indépendance. Le document a été signé le 5 mai 1946 par le directeur du Département de l'arpentage en Palestine et le directeur adjoint du Département des terres et de l'arpentage en Transjordanie, tous deux citoyens britanniques. Les négociateurs israéliens se sont accrochés aux coordonnées décrites dans ce document lors des négociations de Wadi Araba.

Dans un rapport à la Fédération internationale des géomètres, Haim Srebro, le responsable israélien chargé de délimiter les frontières terrestres et maritimes lors des négociations de Wadi Araba, écrit :

En mai 1946, à la veille de l'indépendance de la Jordanie et à la fin du mandat britannique sur la Transjordanie, l'administration britannique de part et d'autre délimita un tronçon de 3,7 km à la tête du golfe d'Aqaba, afin de laisser place à deux ports distincts à construire à l'avenir du côté de la Transjordanie – qui deviendra plus tard la Jordanie – et du côté de la Palestine – qui deviendra plus tard Israël.

Les négociateurs jordaniens ont finalement accepté de délimiter la frontière en fonction des intérêts israéliens sur la base des coordonnées de la frontière de 1946 et, ainsi, d'abandonner Umm al-Rashrash. Plutôt que d'adhérer au traité de Rhodes, que la Jordanie a signé en 1949, les négociateurs ont accepté un document que la Jordanie n'a joué aucun rôle actif dans la rédaction - un document écrit et signé à la place par les dirigeants du mandat britannique.

La Jordanie est officiellement sortie du conflit arabo-israélien avec la signature de l'accord de Wadi Araba en 1994. L'Organisation de libération de la Palestine (OLP) venait de signer le premier des accords d'Oslo un an auparavant. Les responsables du gouvernement jordanien ont commencé à employer une rhétorique fondée sur des « intérêts personnels » – des « intérêts jordaniens » – afin de justifier la paix avec Israël. Mais les circonstances et les résultats des négociations révèlent comment les autorités politiques ont renoncé aux droits historiques du peuple jordanien - en ce qui concerne la terre et les frontières - en faveur de l'État occupant.

Les négociateurs jordaniens dans les trois régions occupées par « Israël » depuis 1949 ont succombé aux intérêts israéliens aux dépens des intérêts jordaniens. Cela a commencé avec la concession d'Umm al-Rashrash, occupée par « Israël » en violation de la ligne d'armistice. Il s'est poursuivi avec la reconnaissance de la propriété foncière israélienne à al-Baqura (0,83 m².km) et al-Ghamr (4 km²). Et, enfin, les négociateurs ont signé l'échange de terres à Wadi Araba pour protéger les intérêts des colons israéliens.

Au cours des prochains mois, la Jordanie a l'opportunité d'informer l'État occupant, aux termes de l'accord, qu'elle ne renouvellera pas le « régime spécial » sur al-Baqura et al-Ghamr. Ce faisant, il retirerait ainsi la reconnaissance de « la propriété et de l'utilisation des terres » par les colons israéliens, récupérant complètement ce territoire sous souveraineté jordanienne. "Nous récupérerons cela, et nous récupérerons cela", a déclaré il y a trois ans l'ancien Premier ministre Abdulsalam al-Majali, signataire de l'accord de Wadi Araba, en référence à al-Baqura et al-Ghamr. Mais la Jordanie récupérera-t-elle son territoire comme al-Majali l'a prétendu en toute confiance ?

Ou allons-nous le laisser aux colons israéliens pendant encore 25 ans ?

1- Khaled Habashneh, Relations jordano-israéliennes dans le cadre du traité de paix (Besan Publishing and Distribution, 1999), p. 84-86.

2- Rutenberg était un leader du mouvement sioniste et du Conseil national juif. Il a contribué à la fondation de la milice sioniste de la Haganah et serait la première personne à avoir obtenu la citoyenneté palestinienne sous mandat britannique. Acteur politique influent, il a accueilli la première rencontre secrète entre le prince Abdallah I et Golda Meir à son domicile d'al-Baqura en novembre 1947.

3- Ali Mahafazah, Histoire contemporaine de la Jordanie (Jordan Book Center, 1989), pp. 131-132.

4- Muneeb al-Madi et Suleiman Mousa, L'histoire de la Jordanie au XXe siècle (1959), p. 278.

5- Abdul Rahman al-Mashaqba, « Hassan Khaled Abu Huda : A Study in Jordan’s Political History », mémoire de maîtrise, Université Al-Bayt, 2011, pp. 114

6- Jisr al-Majami est situé au confluent des fleuves Jourdain et Yarmouk et fait référence au site de trois ponts différents. Les Romains construisirent le premier pont. Le deuxième pont a été construit sous le règne de l'Empire ottoman afin de relier le sud de la Syrie au nord de la Palestine par le chemin de fer du Hedjaz. Le troisième pont a été construit pendant le mandat britannique.

7- Mary C. Wilson, Le roi Abdallah, la Grande-Bretagne et la création de la Jordanie , (Cambridge University Press, 1990), p. 105

8- Abdul Rahman al-Mashaqba, pp. 116-117

9- Premier Conseil législatif, 25 e séance, session extraordinaire, 18 juin 1929.

10- Abdul Rahman al-Mashaqba, p. 118

11- Nahed Hatter soutient que l'atlas a été retiré de la circulation en 1994 après la signature du traité de paix dans son article intitulé « 18 ans après : Wadi Araba en discussion. "

12- Deuxième législature, 24e séance, première session ordinaire, 24 décembre 1950.

13- Munther J. Haddadin, Diplomatie internationale sur la Jordanie : conflit international et résolution négociée (Springer, 2002), p. 394

16- Avi Shlaim, Lion de Jordanie : la vie du roi Hussein dans la guerre et la paix (Vintage, 2009), p. 548

La British Library, Département des terres en Transjordanie .

Traité de paix Israël-Jordanie – Annexe I – Appendice IV (Carte de la région de Baqura/Naharayim).


L'ère Ben Gourion

Le nouvel État israélien a donc dû faire face à des défis similaires à ceux rencontrés par le mouvement sioniste d'avant 1948 et avait besoin d'une aide étrangère, d'une stratégie efficace pour repousser les Arabes et d'une immigration juive massive pour coloniser le pays afin de survivre. Tout cela devait être fait en même temps, et rien de tout cela ne pourrait être possible sans l'unité nationale israélienne.

Les premières élections régulières d'Israël en 1949 ont ramené Ben Gourion au pouvoir mais n'ont pas donné la majorité à son parti Mapai (travailliste). Cela a établi un modèle, et chaque gouvernement israélien depuis l'indépendance a été formé en tant que coalition. Ben Gourion recherchait une position centriste, condamnant ceux à sa gauche comme pro-soviétiques et ceux à sa droite comme antidémocratiques. Il a renforcé ces arrangements en ajoutant les partis religieux sionistes à sa coalition largement laïque dans ce qui est devenu connu sous le nom de « statu quo ». Les partis religieux juifs orthodoxes ont soutenu Ben Gourion sur les questions de sécurité, tandis que Ben Gourion a soutenu un monopole orthodoxe sur le contrôle du mariage, du divorce, de la conversion et d'autres questions de statut personnel. Une partie du statu quo, cependant, incluait le rejet de l'idée de rédiger une constitution écrite ou une déclaration des droits, et le contenu juif de l'État juif serait ainsi défini par le tumulte de la politique israélienne et l'évolution de la société israélienne. .

Au cours des premières années, Israël a dû absorber un afflux important d'immigrants, dont plusieurs centaines de milliers de survivants de l'Holocauste presque démunis et un afflux important de Juifs séfarades des États arabes, qui se sentaient de plus en plus en insécurité dans leur pays d'origine après la défaite arabe de 1948. Comme en conséquence, la Knesset a adopté la loi du retour en 1950, accordant aux Juifs la citoyenneté immédiate. Cette loi, cependant, s'est avérée controversée dans les années qui ont suivi lorsque la question de « qui est un Juif ? » a soulevé d'autres problèmes dans l'État juif, notamment ceux de l'immigration de parents non juifs, de la conversion religieuse et, à la lumière du monopole orthodoxe sur ces questions, la question de savoir qui est vraiment qualifié pour être rabbin. La coalition de Ben Gourion était également fréquemment troublée par des querelles sur l'éducation et le rôle que la religion devait y jouer. Le soutien orthodoxe au gouvernement a souvent faibli face à ce qu'ils considéraient comme une ingérence de l'État dans un domaine religieux.

Non moins grave était la question de l'ethnicité. Les Mizrahim, ou Juifs du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, étaient pour la plupart issus de sociétés urbaines et traditionnelles, et après leur arrivée en Israël, ils ont rencontré un établissement sioniste ashkénaze, ou européen, déterminé à créer une nouvelle culture israélienne et à installer ces nouveaux arrivants à prédominance urbaine dans villages ruraux et isolés et villes de développement. Les Mizrahim ne tardèrent pas à éprouver du ressentiment envers ce qu'ils considéraient comme une élite ashkénaze condescendante, ce qui finit par blesser les travaillistes dans les urnes.


Jordanie et Israël : la solution à deux États depuis 1922

L'administration Trump dévoile son plan de paix au Moyen-Orient à Bahreïn lors de la conférence « De la paix à la prospérité ». Il s'agit d'un ambitieux programme économique de 50 milliards de dollars pour les Arabes palestiniens, comprenant des subventions, des prêts et des capitaux privés. Cependant, le gouvernement palestinien a boycotté l'événement et décourage les autres à ne pas y assister, affirmant qu'il ne traite pas du règlement politique sur les frontières, la sécurité et les réfugiés. Cette première économique est en effet une nouvelle approche puisque les Arabes palestiniens ont rejeté toute offre politique antérieure pour un État vivant côte à côte avec Israël. Pourtant, il existe une solution politique qui existe depuis 1922 et qui devrait être sérieusement reconsidérée.

La Jordanie n'est pas la « Palestine », c'est la Palestine arabe

Commençons par énoncer avec précision ce que certains Juifs se disputent depuis longtemps entre nous : si les deux États de la « solution à deux États » proposée existent déjà, Israël et la Jordanie. Les deux parties déclarent souvent à tort la proposition comme « La Jordanie est la Palestine ». Cette formulation simpliste nous blesse tous parce que les Arabes n'ont pas le monopole du terme « Palestine ». Les Romains ont inventé la Palestine en 135 EC pour dissocier ce qui avait été la Judée juive, détruite par les Romains, des Juifs. La Société des Nations a utilisé « Palestine » après la Première Guerre mondiale pour désigner un petit segment – ​​comprenant aujourd'hui Israël et la Jordanie – de l'empire ottoman dissous. Nous pouvons et devons donc débattre non pas si « la Jordanie est la Palestine », mais si « la Jordanie est la Palestine arabe ».

Malgré les délégitimateurs, nous, les Juifs, avons un droit de patrie valide à la terre d'Israël

Cette distinction n'est pas sémantique mais réelle. Cela démontre qu'une partie de la Palestine appartient historiquement aux Juifs. Quel est le problème, c'est quelle partie ? N'abordons pas cela en nous concentrant sur les raisons pour lesquelles la Palestine à l'est du Jourdain appartient aux Arabes, mais sur les raisons pour lesquelles ce qui est à l'ouest du Jourdain nous appartient.
La patrie juive d'Israël n'a pas été « créée » et « fondée », comme artificiellement et à l'improviste, en 1948. L'histoire juive de la patrie – biblique et post-biblique – s'est produite. Comme l'historien britannique James Parkes l'a dit à juste titre dans Whose Land ? (p. 266), la présence post-biblique tenace et continue du Yishuv, la communauté juive de la patrie, tout au long des siècles post-bibliques, malgré tous les découragements, a écrit les « véritables titres de propriété » des sionistes de notre temps. Les Arabes ont rejeté le plan de partage des Nations Unies de 1947 pour un État juif et arabe. (Rés. 181). En 1948, lorsqu'Israël a de nouveau déclaré son indépendance souveraine, il a été instantanément envahi par les États arabes voisins, et cette invasion a été repoussée par une armée de la patrie des Juifs de la patrie.
Cette guerre de 1948-49 s'est terminée non par la paix mais par un cessez-le-feu. L'accord d'armistice Israël-Jordanie de 1949 a tracé une ligne avec un stylo vert représentant la ligne de front entre les armées israélienne et jordanienne - que l'accord définissait expressément comme une ligne de cessez-le-feu militaire uniquement et non comme une frontière politique. Cette ligne de cessez-le-feu de 1949 a laissé à l'envahisseur la Jordanie la possession de la partie historique de Jérusalem et des collines de Judée-Samarie, et d'Israël sur une largeur de neuf milles au milieu des basses terres densément peuplées. Abba Eban l'a qualifié de « ligne d'Auschwitz ». Dans les combats renouvelés de 1967 entre les mêmes camps, dans une guerre défensive, Israël a évincé la Jordanie de la Jérusalem historique et de la Judée-Samarie, prenant le contrôle de toute la Palestine occidentale.
Il est devenu à la mode, non seulement parmi les ennemis d'Israël, mais même parmi les mouvements réformistes et conservateurs des Juifs américains, de sanctifier ces vieilles lignes de cessez-le-feu de 1949 effacées par la guerre de 1967 comme « les frontières de 1967 ». Cependant, comme seules les lignes de cessez-le-feu militaires ont été expressément déclarées, elles ont cessé d'exister avec la reprise des combats entre les mêmes parties. Ils n'ont pas non plus été reconnus parmi les lieux saints de Terre Sainte par la résolution 242 du CSNU après la guerre de 1967.
Mais cette "frontière de 1967" prétendument sacro-sainte n'est pas la seule péjorative empoisonnée invoquée pour abattre la revendication de la patrie juive sur la ligne de cessez-le-feu de 1949. Nous sommes accusés de « judaïser » Jérusalem et d'occuper la « Jérusalem-Est palestinienne ». Vraiment. Les Arabes palestiniens n'ont jamais gouverné Jérusalem, « l'Est » ou ailleurs, un seul jour dans l'histoire. Jérusalem a été la capitale au cours des 3 000 dernières années de trois États souverains – Juda, Judée et Israël – tous juifs. Chaque dirigeant depuis les Romains a été un envahisseur d'empire étranger, et surtout non arabe. Les Juifs ont vécu à Jérusalem de manière continue tout au long de cette période, sauf lors des expulsions de conquérants étrangers, dont nous sommes revenus sans relâche, et pendant ces 1800 années, personne n'a appelé les Juifs de Jérusalem « colons ». Jérusalem a eu une majorité juive renouvelée, non pas depuis 1967 mais depuis la domination ottomane pré-politico-sioniste des années 1800.
Et pourtant, nous sommes accusés de ressusciter les noms « Judée » et « Samarie », que les médias appellent « les noms bibliques de la Cisjordanie ». Mais ces noms d'origine hébraïque sont restés en usage tout au long des siècles post-bibliques, documentés dans des cartes et des journaux de voyageurs, et par l'ONU elle-même en 1947 : « La frontière des collines de Samarie et de Judée commence sur le Jourdain… . " Les médias nous disent également avec insistance que le lien juif avec la Jérusalem historique et la Judée-Samarie date de « leur capture par Israël en 1967 », il y a environ 3 000 ans.
Cris de « judaïsation de Jérusalem-Est », « s'installer en Cisjordanie », « capturé par Israël en 1967 », etc. , ne se limitant pas à la seule partie de celle-ci à l'intérieur des lignes de cessez-le-feu d'une guerre de 1948-49 succédées et remplacées par celles d'une guerre de 1967.

Quoi de pire, un État terroriste en Jordanie ou en Judée-Samarie, ou dans les deux ?


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