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Le tatouage picte: les origines d'un mythe

Le tatouage picte: les origines d'un mythe

Le tatouage picte: les origines d'un mythe

Par Richard Dibon-Smith

Publié en ligne (1990)

Introduction: «Tous les Britanniques se teignent avec du pastel, ce qui produit une couleur bleue et rend leur apparition au combat plus terrible.» J. César, De Bello Gallico, 5.14

L'observation ci-dessus est la seule remarque que César ait jamais faite au sujet des Britanniques se teignant eux-mêmes, et apparemment la seule remarque de cette pratique jamais faite par un témoin oculaire. Mais cette phrase, incluse avec désinvolture dans les guerres gauloises de César, alimenterait l’imagination des poètes grecs et romains pendant des siècles, et conduirait à l’une des croyances les plus répandues concernant les peuples de la Grande-Bretagne antique: le tatouage des Pictes. Cette croyance a été consciemment nourrie par un certain nombre de poètes et d’historiens pendant plusieurs siècles, jusqu'à ce qu’elle devienne aujourd’hui un «fait» accepté, l’un des rares connus au sujet des Pictes.

En retraçant les références littéraires existantes basées sur la remarque de César, il est possible de voir comment l'observation innocente en est venue à s'appliquer à un peuple totalement différent - comment le mythe est né.

Le premier des poètes qui aurait la référence de César est Ovide. Né presque jour pour jour un an après l’assassinat de César, dans une fière famille de rang équite, Ovide aurait pu devenir sénateur romain s’il l’avait souhaité. Mais alors qu'il était encore adolescent, il devait faire preuve d'un talent et d'un amour pour le vers. Il écrivit une série de poèmes d'amour et les fit publier vers 23 av. Quatre autres séries, ou livres, ont été bientôt publiés, et ensemble ils sont allés sous le titre collectif Amores.

Pour la deuxième édition d'Amores, Ovid a réduit le travail à trois livres. («Même si nous ne donnons aucun plaisir, la douleur sera de deux livres de moins.») Plaisir qu'il a donné; le jeune poète avait un best-seller. Dans le livre 2, verset 16, lignes 37-40 de cette deuxième édition, le poète déplore son amour perdu:

c’est comme si je n’étais pas à Sulmona
sur la ferme où je suis né,
mais loin dans la Scythie, la Cilicie sauvage, la Grande-Bretagne peinte
ou perché sur le rocher meurtrier de Prométhée.


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